
Face à la recrudescence des violences et à l’aggravation de la crise humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, les associations féminines se mobilisent pour dénoncer la situation et appeler à une action urgente de la communauté internationale, du gouvernement congolais et des parties prenantes au conflit.
Dans une déclaration ferme et solidaire, ces associations ont exprimé leur profonde préoccupation concernant les conditions de vie des populations déplacées, en particulier les femmes et les enfants, qui souffrent des conséquences des affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés, notamment le M23 et leurs alliés. Elles appellent à une réponse humanitaire accrue pour subvenir aux besoins des déplacés qui manquent de nourriture, d’eau potable, de médicaments et d’abris adéquats, beaucoup d’entre eux étant contraints de dormir à la belle étoile.
« Nous exigeons l’ouverture d’un corridor humanitaire pour permettre aux intervenants d’accéder aux déplacés avec l’aide humanitaire dont ils ont besoin. » Ces populations meurtries ne peuvent plus attendre.
Les associations féminines exhortent les parties au conflit à garantir la sécurité des civils, en particulier des femmes et des enfants, que ce soit dans les zones contrôlées par le gouvernement ou sous l’influence des groupes armés. Elles demandent également au gouvernement congolais d’assurer la protection et les conditions de vie des militaires déployés au front, en leur fournissant un soutien humanitaire, alimentaire et sécuritaire.
« Protégez nos militaires envoyés au front. Pensez à leur sécurité et à leur bien-être. Nous, femmes congolaises, ne voulons plus voir nos jeunes garçons se tourner vers l’activisme militaire faute d’espoir. »
Alors que les tensions politiques et sociales risquent de diviser davantage la nation, les associations féminines appellent les partis politiques et leurs partisans au calme et à l’unité. Selon elles, seule une solidarité nationale peut permettre au pays de surmonter cette crise.
« Divisés, nous serons affaiblis. Ce moment crucial exige que nous restions unis en tant que nation. »
Les associations féminines pointent également du doigt le manque de communication efficace de la part du gouvernement face à cette crise. Elles demandent la mise en place d’une stratégie de communication de crise pour informer, rassurer et accompagner psychologiquement les populations de l’Est, déjà profondément affectées par des années de conflits.
Ces femmes interpellent enfin la communauté internationale, qu’elles appellent à accroître les dons et l’assistance humanitaire. Elles insistent sur l’urgence de soutenir les intervenants sur le terrain, tout en condamnant fermement « l’invasion rwandaise » qu’elles jugent à l’origine de l’escalade des violences.
Dans leur déclaration, les associations féminines de la société civile rappellent le rôle essentiel des femmes dans la lutte pour la paix. Elles appellent les femmes et les jeunes filles congolaises à s’unir pour exiger la fin des violences et la construction d’une paix durable.
« À nous, les femmes, les jeunes femmes, nous appelons à la solidarité. Unissons-nous comme une seule personne. Exigeons la paix, rien que la paix. »
La voix des associations féminines résonne comme un cri d’alarme, mais aussi comme un appel à l’espoir. En cette période critique, elles réaffirment leur engagement en faveur d’une RDC unie, pacifique et solidaire, tout en mettant la communauté internationale face à ses responsabilités pour répondre à l’urgence humanitaire qui frappe l’Est du pays.
Lydia Mangala

