La République démocratique du Congo accueille, pour la première fois, le Forum international des élites féminines (FIEF). Lancée ce jeudi 8 octobre au Chapiteau du Palais du Peuple, à Kinshasa, la 12ᵉ édition réunit près de 300 participantes issues des 26 provinces congolaises et de 17 pays africains, autour des défis du leadership féminin, de l’intelligence artificielle, de l’entrepreneuriat et des droits des femmes.
Placée sous le haut patronage de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, et sous le leadership institutionnel du ministère du Genre, Famille et Enfant, cette rencontre se tient sous le thème : « Femmes d’avenir : intelligence artificielle, entrepreneuriat, droits et leadership féminin pour une Afrique inclusive et résiliente ».
À l’ouverture des travaux, la cheffe du gouvernement a appelé à faire de ce forum un véritable cadre de renforcement des compétences, de coopération et de développement de partenariats concrets, notamment dans les secteurs du numérique et de l’entrepreneuriat.
Judith Suminwa a également insisté sur la nécessité de faciliter l’accès des femmes aux nouvelles technologies, aux financements et aux marchés, tout en renforçant leur participation aux instances de décision.
Micheline Ombae appelle à des engagements concrets

Marraine de cette édition, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, a exhorté les participantes à aller au-delà des discussions pour faire émerger des initiatives concrètes en faveur des femmes et des jeunes filles.
« L’Afrique ne peut plus avancer sans ses femmes et sa jeunesse », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle de l’intelligence artificielle, de l’innovation et de l’entrepreneuriat dans l’autonomisation des femmes et le développement du continent.
La ministre a également plaidé pour une meilleure transmission des expériences entre les générations. Elle a invité les femmes leaders à partager leurs connaissances et à ouvrir leurs réseaux aux jeunes, afin de préparer une relève capable de participer pleinement aux transformations économiques, technologiques et sociales de l’Afrique.
Paix, droits des femmes et réparation des victimes au programme

Au-delà des questions économiques et technologiques, le FIEF-RDC accorde une place importante à la paix, à la protection des droits des femmes et à leur participation aux processus de prévention des conflits, de médiation et de reconstruction.
Une attention particulière est réservée aux femmes affectées par les conflits armés et les déplacements forcés dans l’est de la RDC.
Dans cette perspective, un panel consacré au Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) permettra de présenter les mécanismes de réparation ainsi que les dispositifs d’accompagnement destinés aux victimes.
Cette démarche vise à renforcer la compréhension des enjeux liés à la justice, à la réparation et à la prise en charge des personnes touchées par les violences.
De Bobo-Dioulasso à Kinshasa, la RDC confirme son engagement
L’organisation de cette 12ᵉ édition à Kinshasa s’inscrit dans la continuité de la participation congolaise au précédent forum, tenu en 2025 à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso.
Lors de cette 11ᵉ édition, le soutien de la Première ministre Judith Suminwa à onze participantes congolaises avait permis à la RDC de constituer la plus importante délégation à cette rencontre. Une mobilisation qui a contribué à la tenue de l’édition 2026 dans la capitale congolaise.
Pendant quatre jours, les participantes échangeront leurs expériences et exploreront des pistes de coopération autour de plusieurs thématiques, notamment l’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat féminin, les droits des femmes, la santé sexuelle et reproductive, la lutte contre les violences basées sur le genre et la promotion de la masculinité positive.
Prévue le 11 octobre 2026, la clôture du FIEF-RDC devra marquer une nouvelle étape dans la mobilisation des femmes leaders africaines, avec l’ambition de transformer les réflexions engagées en partenariats durables et en actions concrètes au bénéfice des femmes et des jeunes filles du continent.
Joséphine Mawete


