Le Syndicat national des médecins (SYNAMED) conteste les conclusions de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres annonçant un consensus avec les médecins et la levée de leur mouvement de grève. Le syndicat affirme qu’aucun accord satisfaisant n’a été conclu avec le gouvernement et que la grève se poursuit sur l’ensemble des hôpitaux publics concernés.
Dans un entretien accordé à ACTUALITE.CD, le secrétaire exécutif provincial du SYNAMED pour la ville de Kinshasa, le Dr Patrick Boloko, a indiqué que les informations présentées à l’issue du Conseil des ministres ne reflètent pas la réalité des discussions engagées avec les représentants des médecins.
« Je pense que les ministres sectoriels doivent rendre exactement ce qui se passe dans leur secteur afin que le président de la République et la Cheffe du Gouvernement puissent analyser la situation et prendre des décisions dans l’intérêt de la population », a-t-il déclaré.
Selon lui, la réunion tenue avec le ministre de la Santé s’est soldée par la signature d’un procès-verbal qui n’engage pas réellement le gouvernement sur les revendications formulées par les médecins grévistes. Il souligne notamment que le document ne comporte ni calendrier précis de mise en œuvre des engagements ni les signatures du vice-Premier ministre chargé du Budget et du ministre des Finances, considérés comme les autorités habilitées à engager l’État sur les questions financières.
« Les médecins ont compris que le gouvernement n’avait pris aucun engagement clair et crédible sur leurs revendications. Il n’y a pas non plus de chronogramme précis », a expliqué le responsable syndical.
Le SYNAMED rappelle que ses principales revendications portent sur l’intégration de la paie complémentaire dans l’état liquidatif du troisième trimestre, l’alignement d’au moins 800 médecins sur la liste de paie dès ce trimestre, ainsi que la régularisation de près de 3 000 médecins qui exercent actuellement sans salaire ni prime.
« Il y a près de trois mille médecins qui travaillent sans primes ni salaires. Doivent-ils continuer à travailler dans ces conditions ? », s’est interrogé le Dr Patrick Boloko.
Le syndicat insiste également sur le fait que la décision de suspendre ou non le mouvement de grève ne relève pas uniquement des responsables syndicaux, mais de la base des médecins.
Après consultation, celle-ci aurait rejeté le contenu du procès-verbal signé avec le gouvernement et décidé de maintenir le mouvement sous son format renforcé baptisé « Hôpitaux sans médecins ».
Le Dr Patrick Boloko rappelle que le préavis de grève avait été déposé le 31 mars dernier et que le mouvement avait officiellement débuté le 24 juin avec une prise en charge limitée aux urgences. Face à l’absence, selon lui, de réponses satisfaisantes du gouvernement, le syndicat a décidé de durcir son action depuis le 7 juillet.
« Les médecins continuent la grève. Il n’y a pas eu de levée de la grève », a insisté le secrétaire exécutif provincial du SYNAMED.
Malgré cette fermeté, le syndicat affirme rester ouvert aux négociations et se dit disposé à poursuivre le dialogue avec les autorités afin d’obtenir des réponses concrètes à ses revendications.
L’opération « Hôpitaux sans médecins », lancée du 7 au 16 juillet 2026 sur l’ensemble du territoire national, à l’exception des provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, reste donc en vigueur. Durant cette période, seuls les services des urgences et les banques de sang continuent de fonctionner, tandis que les autres activités médicales demeurent suspendues jusqu’à nouvel ordre.
Lydia Mangala


