Le débat autour de l’influence de Fally Ipupa dans l’industrie musicale congolaise continue de susciter des réactions. Dans une publication relayée sur ses réseaux sociaux, Me Bia livre une réflexion sur les accusations et rumeurs régulièrement formulées à l’encontre de l’artiste, tout en invitant les jeunes musiciens à privilégier le travail, l’endurance et la construction de leur propre parcours.
D’entrée de jeu, Me Bia dresse un portrait volontairement provocateur de Fally Ipupa, qu’il présente comme un artiste exigeant envers son entourage et particulièrement attaché à la loyauté. Il évoque également, au conditionnel, différentes accusations qui circulent dans l’opinion à propos de l’influence supposée du chanteur sur son environnement professionnel.
Parmi ces récits, Me Bia cite notamment des allégations selon lesquelles Fally Ipupa disposerait d’une « armée numérique », chercherait à empêcher certains artistes d’obtenir des visas, ferait pression sur des producteurs ou encore contribuerait à l’échec de certains concerts.
Mais l’avocat prend ses distances avec ces accusations, soulignant l’absence de preuves avancées pour les étayer.
« On lui prête une telle puissance ! »

Pour Me Bia, l’ampleur de certaines accusations finit par interroger sur la place accordée à Fally Ipupa dans l’imaginaire collectif de l’industrie musicale.
« Sérieux ? On lui prête une telle puissance ! », écrit-il, estimant qu’il serait peu pertinent de s’attarder sur des théories ou récits non accompagnés de faits précis.
Il compare par ailleurs cette situation à celles qu’ont connues plusieurs grandes figures de la musique congolaise au fil des générations. Il cite notamment Kalle Jeff, Tabu Ley Rochereau, Franco Luambo et Koffi Olomidé, qui ont eux aussi été entourés, selon lui, de nombreuses histoires et accusations parfois extravagantes.
« Cela n’a pas empêché les générations suivantes d’émerger »
Pour Me Bia, les controverses entourant les grandes figures de la musique congolaise n’ont jamais empêché l’émergence de nouveaux talents.
Il rappelle notamment que Fally Ipupa lui-même n’était pas considéré comme le numéro un incontesté de la musique congolaise lorsqu’il a commencé à s’imposer. Selon lui, l’artiste a dû évoluer dans un environnement où il pouvait lui aussi être confronté aux rivalités et aux « coups bas » avant de parvenir à consolider sa position.
Cette trajectoire constitue, à ses yeux, un enseignement pour la nouvelle génération.
Aux jeunes artistes : « être en position de prendre le pouvoir »
Me Bia invite ainsi les jeunes musiciens à ne pas concentrer leur énergie sur les théories de complot ou sur les obstacles qu’ils attribuent à leurs aînés.
Il les encourage plutôt à travailler afin d’être prêts lorsque viendra leur tour de prendre le relais.
« Le cycle de remplacement est une loi inéluctable », écrit-il, appelant les jeunes artistes à se préparer à saisir leur chance lorsque le temps permettra une nouvelle transmission du pouvoir dans l’industrie musicale.
Pour illustrer son propos, il évoque la succession des générations et utilise la figure de Mobutu comme métaphore du pouvoir détenu temporairement par une génération avant d’être transmis à la suivante.
« La guerre de la vie est une endurance »
En conclusion, Me Bia revient sur l’importance de la patience et de la longévité dans une carrière artistique.
Il estime que les artistes doivent apprendre à durer plutôt qu’à chercher des résultats immédiats, considérant que la réussite peut être le fruit d’un travail constant auquel le temps apporte une valeur supplémentaire.
« Souvent dans la guerre de la vie, qui est endurance et pas sprint, le secret, c’est de survivre assez longtemps, pour récolter les fruits du travail, bonifiés par la patience », conclut-il.
À travers cette sortie, Me Bia prend donc position dans le débat sans présenter comme établies les accusations évoquées autour de Fally Ipupa. Il invite plutôt les jeunes artistes à tirer les leçons de l’histoire de la musique congolaise : les générations se succèdent, les rapports de force évoluent et le travail dans la durée peut permettre à de nouveaux leaders d’émerger.
Joséphine Mawete


