La République démocratique du Congo et la République centrafricaine ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération en matière de défense. Les deux pays ont signé, ce vendredi 21 août 2026 à l’Hôtel de la Défense à Kinshasa, deux mémorandums d’entente portant respectivement sur la formation et le renseignement militaire.
La cérémonie a réuni le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants de la RDC, Guy Kabombo Muadiamvita, et son homologue centrafricain, Rameaux Claude Bireau, ministre de la Défense nationale et de la Reconstruction de l’armée.

À cette occasion, le ministre centrafricain de la Défense a réaffirmé l’engagement de son pays à préserver la sécurité de son voisin congolais et à empêcher que son territoire soit utilisé pour des activités hostiles à la RDC.
« La République centrafricaine ne servira jamais de base arrière pour une quelconque attaque de la République démocratique du Congo », a déclaré Rameaux Claude Bireau.

Cette déclaration intervient alors que les deux pays, qui partagent une importante frontière, entendent renforcer leur coordination face aux défis sécuritaires et aux menaces transfrontalières.
Guy Kabombo veut une coopération axée sur les résultats
Pour Guy Kabombo Muadiamvita, la signature de ces deux instruments vient consolider les efforts déjà engagés entre Kinshasa et Bangui dans le domaine de la défense.
Cette démarche s’inscrit, selon lui, dans la droite ligne des orientations données par les présidents Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et Faustin-Archange Touadéra en faveur du renforcement des relations entre les deux États.
Le Vice-Premier ministre congolais a toutefois insisté sur la nécessité de dépasser le cadre des engagements formels pour parvenir à des résultats concrets.
Selon Guy Kabombo, les deux mémorandums ne doivent pas rester de « simples textes », mais devenir de véritables outils de travail, de suivi et de résultats. Il a ainsi appelé à une coopération « sincère, structurée, régulière » et orientée vers des résultats utiles aux deux pays.
Formation des militaires et échange de renseignements
Les deux mémorandums s’inscrivent dans la mise en œuvre de l’Accord de coopération militaire signé à Kinshasa le 18 octobre 2024. Ils font également suite aux recommandations issues de la rencontre bilatérale organisée à Bangui le 11 mai 2026.
Dans le domaine de la formation, Kinshasa et Bangui entendent notamment renforcer les capacités de leurs personnels militaires, développer des formations spécialisées, favoriser les échanges d’expertise et intensifier la coopération entre leurs écoles et académies militaires.
Le deuxième volet porte sur le renseignement militaire. Il prévoit notamment un renforcement de l’échange d’informations, la tenue de consultations régulières et une meilleure coordination entre les services compétents des deux pays afin de répondre plus efficacement aux menaces transfrontalières.
Pour assurer l’application effective de ces engagements, les deux parties envisagent la désignation de points focaux, l’élaboration d’un calendrier opérationnel ainsi qu’un mécanisme de suivi régulier.
La signature de ces accords traduit ainsi la volonté de Kinshasa et Bangui d’approfondir leur partenariat sécuritaire et de développer des mécanismes communs de prévention et de réponse aux menaces affectant leur espace frontalier.
Marquée par une parade militaire au rythme de la fanfare des FARDC en l’honneur des deux ministres de la Défense, la cérémonie s’est clôturée par une photo de famille et un cocktail.
Joséphine Mawete


