Étudiante à l’Université de Kinshasa et vice-présidente de Dynamique Femme, Pungu Mamel a présenté, mercredi 26 août 2026 à Silikin Village, une autre facette du leadership féminin : celle qui se construit loin des projecteurs, à travers l’engagement et l’expérience.
« J’ai commencé dans l’ombre », a-t-elle expliqué.

Avant d’assumer des responsabilités au sein d’une structure féminine, elle raconte avoir commencé par s’investir dans d’autres associations et groupes d’encadrement. Une expérience qui lui a progressivement permis d’apprendre à travailler avec les autres, à comprendre le fonctionnement d’une organisation et à prendre, peu à peu, ses propres responsabilités.
À l’Université de Kinshasa, notamment dans le milieu médical, Pungu Mamel constate que plusieurs jeunes femmes souhaitent davantage participer aux décisions et faire entendre leur voix. C’est dans ce contexte qu’est née l’idée de créer un espace où elles pourraient s’exprimer plus librement, développer leurs compétences et révéler leur potentiel.

« Prendre place pour montrer la voie n’est pas facile »
La jeune leader reconnaît toutefois que diriger une structure n’est pas une tâche simple. Il faut apprendre à gérer les personnes, les émotions, les divergences d’opinions, mais aussi les résistances qui peuvent accompagner toute initiative nouvelle.

La première activité de la structure, organisée en 2024, lui permet justement de mesurer les difficultés liées à la mise en place d’une initiative portée par des femmes dans un environnement universitaire.
Mais ces obstacles ne suffisent pas à freiner son engagement. Au contraire, ils renforcent sa conviction qu’il est nécessaire de créer davantage d’espaces où les jeunes femmes peuvent apprendre, prendre des responsabilités et s’affirmer.
Son témoignage met ainsi en lumière l’idée selon laquelle le leadership ne naît pas nécessairement d’un grand poste. Il peut commencer par une petite responsabilité, un engagement associatif ou simplement la volonté de répondre à un problème observé autour de soi.
Pour Pungu Mamel, les femmes ne doivent surtout pas se laisser enfermer dans les limites que la société peut leur imposer.

« Je pense qu’il n’y a rien qui puisse empêcher une femme d’être tout aussi capable de faire les mêmes choses que les hommes », a-t-elle affirmé.
À travers son parcours, elle défend ainsi un leadership qui se construit progressivement : apprendre, s’engager, prendre des responsabilités et, surtout, créer à son tour des opportunités pour celles qui viendront après.
Ben Mandjolo


