Le gouvernement congolais renforce les mesures de prévention contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola. Par un arrêté ministériel signé le 17 juillet 2026, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, instaure un dispositif de surveillance sanitaire de 21 jours pour les personnels de santé, les équipes de riposte et toute personne ayant participé aux activités liées à la lutte contre Ebola dans les provinces affectées. Une décision fondée sur une évaluation individuelle du risque d’exposition, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Face à la progression de la 17ᵉ épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo, les autorités sanitaires adaptent leur stratégie afin de mieux protéger les intervenants tout en maintenant les capacités opérationnelles de la riposte.
Le nouvel arrêté ministériel, qui modifie celui du 24 juin 2026, fait suite aux recommandations issues de la réunion stratégique de revue de la riposte tenue le 9 juillet dernier à Bunia, en Ituri, sous la présidence du ministre Roger Kamba. Cette rencontre avait réuni les autorités sanitaires nationales, les responsables provinciaux, les équipes de terrain ainsi que les partenaires techniques et financiers.
Le texte introduit une classification des personnes concernées en fonction de leur niveau d’exposition au virus.
La catégorie A, correspondant à un risque élevé d’exposition, concerne les personnes ayant eu un contact non protégé ou jugé à haut risque avec le virus. Elles devront observer un isolement renforcé de 21 jours dans une structure adaptée ou, lorsque cela est possible, à domicile sous surveillance sanitaire quotidienne. Elles ne pourront effectuer aucun déplacement national ou international, sauf autorisation expresse du ministre de la Santé ou pour une évacuation sanitaire.
La catégorie B, qui regroupe les personnes à faible risque d’exposition, vise notamment les professionnels ayant travaillé auprès des patients ou manipulé des échantillons biologiques tout en respectant les protocoles de prévention. Elles seront soumises à une surveillance active quotidienne durant vingt et un jours ainsi qu’à certaines restrictions de déplacement, définies après une évaluation individuelle de leur situation.
Enfin, la catégorie C, correspondant au risque minimal, concerne les personnes n’ayant présenté aucune exposition documentée. Elles devront assurer une autosurveillance quotidienne pendant 21 jours et signaler immédiatement tout symptôme compatible avec Ebola aux autorités sanitaires, sans restriction systématique de déplacement, sauf indication contraire issue de l’évaluation médicale.
Le nouvel arrêté prévoit également un renforcement des mesures sanitaires aux points d’entrée du territoire.
Toute personne ayant séjourné dans une province ou une zone affectée par Ebola devra désormais faire l’objet d’une évaluation individuelle du risque avant tout voyage international.
Selon les résultats de cette évaluation, les voyageurs seront soumis aux mesures correspondant à leur catégorie de risque. Les personnes classées en catégorie A resteront soumises à l’isolement et à l’interdiction de voyager, tandis que celles des catégories B et C pourront se déplacer sous certaines conditions fixées par les autorités sanitaires.
Le texte rend également obligatoire le contrôle sanitaire des voyageurs avant toute formalité de départ ou d’arrivée. Les compagnies de transport devront collaborer avec les services de surveillance sanitaire présents aux postes frontaliers, conformément au Règlement sanitaire international (2005).
Le ministère de la Santé précise que ces nouvelles dispositions s’inscrivent dans les standards de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et visent à « concilier la protection de la santé publique avec le maintien des capacités opérationnelles de la riposte ».
Les modalités pratiques de classification, de suivi sanitaire, de contrôle et d’éventuelles dérogations seront précisées dans les procédures opérationnelles standard validées par l’autorité sanitaire nationale.
La 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, déclarée en mai 2026, continue de mobiliser les autorités congolaises et leurs partenaires. L’Ituri demeure l’épicentre de cette flambée épidémique, qui a déjà causé plus de 900 décès selon les données communiquées par les autorités sanitaires.
Par ce nouvel arrêté, le gouvernement entend renforcer la prévention des risques de propagation tout en sécurisant les déplacements des personnels engagés dans la lutte contre l’épidémie, dans un contexte où la vigilance sanitaire reste de mise sur l’ensemble du territoire national.
Lydia Mangala


