La République démocratique du Congo veut désormais peser davantage dans les grandes décisions qui façonnent l’avenir du numérique mondial. À travers l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), le pays a officiellement lancé, le mercredi 15 juillet 2026, sa campagne de candidature au Conseil de l’Union internationale des télécommunications (UIT), à l’occasion d’une réception diplomatique réunissant membres du Gouvernement, corps diplomatique, organisations internationales et partenaires du secteur numérique.
En première ligne de cette ambition, l’ARPTC a porté la vision de la RDC devant les différents acteurs présents. Son président du Collège, Christian Katende, a présenté une candidature qui, selon lui, dépasse les intérêts nationaux pour porter la voix de tout un continent dans les instances internationales où se dessinent les règles de l’économie numérique.

« Cette candidature dépasse le cadre national. Elle traduit l’ambition d’une Afrique davantage impliquée dans les décisions qui façonnent l’avenir du numérique mondial », a souligné Christian Katende.
L’ARPTC entend positionner la RDC comme un acteur crédible de la gouvernance numérique mondiale, capable de contribuer aux débats sur les technologies émergentes, la cybersécurité, l’intelligence artificielle et la connectivité.

Pour défendre cette candidature, l’Autorité de régulation a rappelé les atouts dont dispose aujourd’hui la République démocratique du Congo.
Avec plus de 110 millions d’habitants et près de 74 millions d’abonnements mobiles, la RDC représente l’un des marchés numériques les plus importants du continent africain. Cette dynamique est soutenue par les investissements réalisés dans les infrastructures de télécommunications, notamment le déploiement de la fibre optique et les projets de transformation numérique.
Selon l’ARPTC, cette évolution répond à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait du numérique un levier stratégique de développement économique et social.
L’objectif affiché est de faire de la RDC un véritable hub numérique de l’Afrique centrale tout en renforçant son rôle dans le développement de l’économie numérique africaine.
L’ARPTC a également rappelé que la participation active de la RDC aux grandes rencontres internationales organisées récemment à Genève illustre cette montée en puissance diplomatique.
Les échanges auxquels le pays a pris part, notamment lors du Dialogue mondial des Nations Unies sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, du Sommet AI for Good 2026, du Forum du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) et du Forum francophone sur la gouvernance numérique, témoignent de la volonté de la RDC de participer à l’élaboration des normes qui encadreront les technologies de demain.
Pour l’Autorité de régulation, le numérique est désormais devenu un véritable enjeu de souveraineté, où les données, les infrastructures, les normes techniques et l’intelligence artificielle occupent une place stratégique dans les relations internationales.
La RDC estime disposer d’un autre argument majeur pour siéger au Conseil de l’UIT.
L’ARPTC a rappelé que le pays joue un rôle central dans la chaîne mondiale de valeur grâce à ses minerais critiques, indispensables à la fabrication des semi-conducteurs, des batteries, des équipements de télécommunications et des infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.
Cette contribution, estime l’institution, légitime davantage la participation de la RDC aux instances internationales où sont définies les règles de la révolution numérique.
La République démocratique du Congo ambitionne de défendre quatre grandes priorités.
Il s’agit de renforcer la représentation de l’Afrique au sein de l’Union internationale des télécommunications, de promouvoir les investissements dans les infrastructures numériques, de soutenir une gouvernance conciliant innovation, cybersécurité et souveraineté numérique, ainsi que de développer les capacités des États africains et de leurs autorités de régulation grâce au partage d’expertise et des connaissances.
En portant cette candidature, l’ARPTC affirme sa volonté de faire entendre la voix de la RDC et de l’Afrique dans les grandes orientations du numérique mondial. L’institution entend ainsi contribuer à une gouvernance internationale plus inclusive, plus équilibrée et davantage représentative des réalités du continent africain, dans un contexte où les technologies numériques occupent une place croissante dans le développement des États et la coopération internationale.
Lydia Mangala


