Le parcours des Léopards au Mondial 2026 est désormais inscrit dans les annales des distinctions nationales. Au Chapiteau de la Cité de l’Union africaine, Félix Tshisekedi a élevé ce mardi 39 acteurs de l’aventure congolaise au grade de Chevalier de l’Ordre national du Léopard, en reconnaissance de leur qualification et de leur parcours à la Coupe du monde.
Parmi les récipiendaires figurent 31 joueurs, six membres du staff technique et deux responsables. Le ministre des Sports Didier Budimbu, le sélectionneur Sébastien Desabre, le capitaine Chancel Mbemba et l’ancienne présidente de la FECOFA, Me Belinda Luntadila, font notamment partie des personnalités distinguées.
52 ans après, une génération fait revivre un souvenir
Dans son allocution, Félix Tshisekedi a surtout insisté sur la portée historique du retour de la RDC au Mondial, 52 ans après la dernière participation du pays en 1974.
« Vous avez réuni ces générations dans une même émotion. Ce que les uns racontaient, les autres ont enfin pu le vivre », a déclaré le Chef de l’État.
Après leur qualification, les Léopards ont franchi la phase de groupes, signé une première victoire congolaise en Coupe du monde et atteint les seizièmes de finale. Pour le président, cette campagne a ainsi permis à différentes générations de Congolais de partager une même expérience autour du football national.
Une réussite attribuée au collectif
Sans tenir compte des résultats, Félix Tshisekedi a mis en avant les ingrédients de cette campagne entre autres discipline, dépassement de soi, résilience, sens des responsabilités et cohésion.
« Le talent vous a offert des possibilités. La discipline, le sens du sacrifice et la force du collectif vous ont permis de les accomplir », a-t-il affirmé.
Le Chef de l’État a également salué la contribution de ceux qui ont travaillé loin des projecteurs, notamment le staff technique, le ministère des Sports et la délégation officielle.
Yoane Wissa met en avant la force du collectif
Prenant la parole au nom de ses coéquipiers, Yoane Wissa, auteur de trois buts durant le Mondial, a lui aussi placé le collectif au-dessus des individualités.
« Ce que nous avons accompli, nous l’avons accompli ensemble. Chaque joueur, chaque personne qui travaille dans l’ombre a eu sa part dans l’aventure », a-t-il déclaré.
L’attaquant congolais a surtout résumé le lien entre l’équipe et le pays par une formule devenue l’un des moments forts de la cérémonie.
« Sur le terrain, nous étions 11, mais derrière ces 11 joueurs, il y avait un groupe, et derrière ce groupe, il y avait tout un pays », a-t-il souligné.
Une distinction qui devient une responsabilité
Pour les joueurs, cette reconnaissance ne marque pas seulement l’aboutissement d’une campagne. Elle impose également une responsabilité pour la suite.
« Cette distinction nous honore, mais elle nous rappelle aussi la responsabilité qui est la nôtre : continuer à représenter notre pays avec humilité, exigence et surtout avec fierté », a déclaré Yoane Wissa.
Félix Tshisekedi a, de son côté, invité les acteurs du football à inscrire cette réussite dans la durée, notamment en préparant la relève, en améliorant la formation et en élargissant l’accès à la pratique sportive.
« Les enfants qui vous regardent doivent pouvoir trouver au-delà de l’admiration un chemin à parcourir », a-t-il lancé.
De l’émotion du Mondial à l’héritage national
La cérémonie a également permis au Chef de l’État d’élargir son propos à la société congolaise. Pour lui, la dynamique créée par les Léopards peut servir de référence au-delà du football.
« L’unité nationale prend toute sa force lorsqu’elle devient une manière d’agir », a-t-il déclaré, appelant à retrouver cette capacité à reconnaître la compétence, respecter l’effort et faire prévaloir l’intérêt commun.
Dans une cérémonie où la République a officiellement honoré les artisans de son retour sur la scène mondiale, le message aura finalement dépassé le seul résultat sportif.
52 ans après 1974, les Léopards ont offert à une nouvelle génération son propre souvenir du Mondial. Les 39 distinctions décernées ce mardi viennent désormais inscrire cette épopée dans la mémoire nationale, tandis que les discours de Félix Tshisekedi et de Yoane Wissa rappellent que derrière la performance d’une équipe se trouve tout un pays.
Lydia Mangala


