Le Directeur général adjoint du Service géologique national du Congo (SGN-C), Adélard Joël Ngoy Tuvuvu, a plaidé pour l’accélération des travaux de recherche géologique afin de mieux connaître le potentiel minier de la République démocratique du Congo et d’attirer davantage d’investissements. Il s’est exprimé le jeudi 29 octobre 2026, à Kinshasa, lors de la 5ᵉ édition du Café de presse du Cadastre minier (CAMI), organisée autour du thème « Où en sommes-nous ? ».
Au cours de son intervention, il a notamment présenté les projets de cartographie géologique et géophysique aéroportée, les zones à couvrir d’ici 2029 ainsi que les perspectives visant à étendre ces travaux à l’ensemble du territoire national à l’horizon 2035.
Une connaissance géologique encore limitée
Créé en 2017, le Service géologique national du Congo est un établissement public chargé notamment de mener des recherches géologiques de base, de produire et centraliser les données scientifiques et de promouvoir les investissements dans l’exploration minière.
Selon Adélard Joël Ngoy, malgré la richesse du sous-sol congolais, la couverture géoscientifique du pays demeure insuffisante.
« Malgré cette richesse, la couverture géoscientifique n’est que de 22,27 %. Donc, il faut nécessairement que nous puissions nous servir de la géophysique aéroportée comme l’outil le plus rapide pour imager les sols et les sous-sols », a-t-il expliqué.
Cette méthode permet notamment d’identifier des structures géologiques en profondeur, alors que de nombreux gisements autrefois accessibles en surface nécessitent aujourd’hui des techniques d’exploration plus avancées.
906 000 km² visés par les travaux d’ici 2029
Dans sa présentation, le responsable du SGN-C a détaillé les travaux déjà réalisés et les programmes en cours. Les projets antérieurs, notamment ceux soutenus par la Banque mondiale ainsi que les travaux d’Excalibur, ont permis de couvrir plusieurs zones du territoire national.
Pour la période 2026-2029, de nouvelles opérations de géophysique aéroportée doivent concerner quatre grands blocs, notamment le Kasaï, le Kongo central et des zones du nord et de l’est du pays, selon le programme présenté.
L’objectif est d’atteindre une couverture totale de 906 000 km², soit environ 38,6 % du territoire national, d’ici 2029. À plus long terme, le SGN-C envisage de couvrir les zones restantes afin de parvenir à une couverture géophysique aéroportée de l’ensemble du pays vers 2035, sous réserve de la réalisation des programmes prévus et de la disponibilité des financements.
Pour poursuivre ces travaux dans les régions encore peu explorées, Adélard Joël Ngoy a évoqué un besoin estimé à 272 millions de dollars pour les opérations géophysiques aéroportées sur les superficies restantes.
Des données fiables pour attirer les investisseurs
Outre la cartographie, le SGN-C entend améliorer la qualité des données géologiques disponibles afin de réduire les risques liés aux investissements dans l’exploration minière. L’institution prévoit notamment de renforcer la collecte des données, leur centralisation dans une banque dédiée, ainsi que leur validation sur le terrain grâce à la cartographie, aux analyses géochimiques et aux forages ciblés.
« Investir dans les domaines de recherche, c’est prendre trop de risques. Quand l’État congolais aura vraiment des données, les gens seront confiants pour investir », a souligné le directeur général adjoint.
Le service souhaite également développer les capacités nationales d’analyse, notamment à travers la construction d’un laboratoire, et promouvoir l’utilisation des équipements disponibles en RDC pour l’étude des échantillons géologiques.
Cette stratégie vise à mieux orienter les investissements vers les zones présentant un potentiel minéral, tout en évitant les duplications de travaux déjà réalisés par des entreprises privées ou des partenaires techniques.
La souveraineté nationale au cœur de la gestion des données
Adélard Joël Ngoy a également insisté sur la nécessité pour l’État congolais de jouer un rôle plus actif dans la recherche géologique et la valorisation des ressources nationales. Il estime que les données produites doivent contribuer à renforcer la capacité du pays à identifier lui-même ses potentialités et à orienter les choix économiques.
« L’État congolais ne doit pas seulement être un État gendarme. L’État congolais doit aussi être un opérateur économique », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, le SGN-C travaille à la mise en place d’une banque de données géologiques et à l’organisation de mécanismes permettant de rendre les informations accessibles aux investisseurs, tout en préservant les données relevant de la souveraineté nationale.
Le responsable a enfin indiqué que 32 zones de recherche géologique sont disponibles pour de futurs travaux. L’institution affirme être ouverte aux partenariats et avoir déjà signé des protocoles d’accord avec deux sociétés.
Par ces initiatives, le Service géologique national du Congo entend renforcer la connaissance du sous-sol, soutenir une exploration plus structurée et contribuer à une meilleure valorisation du potentiel minier de la RDC.
Lydia Mangala


