Le litige foncier qui oppose plusieurs habitants de la commune de Bandalungwa à la Société nationale d’électricité (SNEL) s’invite au niveau du ministère de la Justice. Une délégation d’une cinquantaine de riverains, conduite par le député national Godé Mpoyi, a été reçue jeudi par le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.
Originaires notamment des quartiers Adula, Bisengo et Sykin, ces habitants sont venus exprimer leur inquiétude face aux menaces de démolition qui pèseraient sur plusieurs habitations attribuées à la SNEL. Certaines familles affirment occuper leurs maisons depuis plusieurs décennies et contestent ainsi les arguments avancés pour justifier leur déguerpissement.
Au cours de l’audience, les habitants ont présenté différents documents fonciers, notamment des certificats d’enregistrement et autres pièces dont certaines datent des années 1950 et 1960. Selon leur version, l’occupation et le lotissement de plusieurs parcelles seraient antérieurs à la mise en service, en 1983, de la ligne à haute tension concernée.
D’après les témoignages recueillis par la délégation, la SNEL invoquerait notamment la présence d’habitations sous une ligne à haute tension ainsi que les risques liés au champ magnétique généré par ces installations électriques.
Les habitants soutiennent cependant que plusieurs familles étaient déjà installées dans ces quartiers avant l’érection des pylônes. Certains affirment même avoir assisté les techniciens lors des travaux d’installation de la ligne électrique.
La situation revêt ainsi une dimension à la fois foncière, sociale et sécuritaire, alors que des familles redoutent de perdre des habitations qu’elles occupent parfois depuis plusieurs générations.

Le témoignage d’une femme âgée de 87 ans, présente lors de l’audience, a particulièrement illustré l’inquiétude des riverains. Elle a fait part de son désarroi face à la perspective de voir disparaître la maison qu’elle occupe depuis de nombreuses années.
À l’issue des échanges, le Ministre de la Justice a assuré avoir pris bonne note des préoccupations exprimées par les habitants et s’est engagé à examiner le dossier avec attention.
« Je les ai écoutés avec attention et les ai rassurés : ce dossier sera examiné avec sérieux, dans le strict respect de la Constitution et des lois de la République », a déclaré Guillaume Ngefa Atondoko Andali.

Le Ministre d’État a annoncé l’ouverture de concertations avec les différentes parties concernées, notamment les ministères de la Justice, de l’Urbanisme et Habitat et des Affaires foncières, mais également les autorités urbaines et les responsables de la SNEL.
« J’engagerai les concertations nécessaires avec les ministères concernés, les autorités urbaines et les responsables de la SNEL, afin que toute décision soit prise dans le cadre de la légalité, en tenant compte des droits des citoyens et des impératifs de sécurité », a-t-il précisé.
Guillaume Ngefa a également salué la démarche entreprise par le député Godé Mpoyi et les habitants de Bandalungwa, la qualifiant de « patriotique et démocratique ». Pour lui, le recours aux institutions et au dialogue constitue la voie à privilégier pour rechercher une solution à ce type de différend.

Il a par ailleurs appelé les habitants concernés à éviter toute agitation pendant l’examen du dossier.
« J’appelle les habitants au calme. Le dialogue, le respect de la loi et la protection des droits de toutes les parties guideront l’examen de ce dossier », a-t-il insisté.
L’audience ouvre ainsi la voie à une concertation entre les différentes parties afin de clarifier la situation foncière des parcelles concernées, d’évaluer les impératifs liés à la sécurité autour de la ligne à haute tension et de déterminer les mesures éventuelles à prendre conformément au cadre légal.
Pour les habitants de Bandalungwa, il reste à préserver leurs droits fonciers et leurs habitations tout en tenant compte des exigences de sécurité liées aux infrastructures électriques. Le ministère de la Justice entend, pour sa part, privilégier le dialogue, la légalité et l’examen contradictoire du dossier avant toute décision.
Lydia Mangala


