Pour Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint du PPRD, attribuer les blocages de la République démocratique du Congo à la Constitution de 2006 relève d’une erreur d’analyse. Selon lui, les difficultés que connaît le pays trouvent leur origine dans la gouvernance et les pratiques politiques, bien plus que dans le texte fondamental adopté par référendum.
Face aux critiques qui présentent la Constitution du 18 février 2006 comme un frein au développement et au fonctionnement des institutions, Ferdinand Kambere défend une lecture opposée. Le dirigeant du PPRD estime que les échecs observés dans la gestion de l’État ne découlent pas de la loi fondamentale, mais plutôt de la manière dont les dirigeants exercent le pouvoir.
Réagissant notamment aux déclarations du professeur Bongeli, qui considère que la Constitution condamnerait la RDC à l’immobilisme, Kambere se dit surpris par une telle interprétation. Il rappelle que ce texte a permis des avancées significatives, notamment la première alternance pacifique au sommet de l’État depuis l’indépendance du pays.
Selon lui, il ne faut pas confondre le cadre juridique avec les pratiques qui en découlent. Le véritable débat devrait plutôt porter sur la qualité de la gouvernance, l’efficacité des politiques publiques, la lutte contre la corruption et le respect des responsabilités institutionnelles.
« Aucune révision constitutionnelle ne peut, à elle seule, résoudre les problèmes du pays si les comportements et les méthodes de gestion restent les mêmes », soutient-il.
Ferdinand Kambere met également en garde contre ce qu’il considère comme des lectures opportunistes de la Constitution, souvent remises au goût du jour à des moments politiquement sensibles. Il rappelle que la Constitution de 2006 est le fruit d’un large processus consultatif ayant impliqué des experts, des acteurs politiques et la population congolaise.
Pour le responsable du PPRD, il est donc injustifié d’en faire aujourd’hui le principal responsable des dysfonctionnements observés dans le pays.
Enfin, il appelle les acteurs publics à privilégier le renforcement des institutions, l’indépendance de la justice, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.
« La Constitution n’empêche pas le développement ; ce sont les mauvaises pratiques du pouvoir qui empêchent les peuples d’avancer », conclut-il, estimant que le véritable changement passe davantage par une réforme des comportements que par une réécriture de la loi fondamentale.
Joëlle Luniongo


