Plus de quatre décennies après le dernier recensement général de la population réalisé en 1984, la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape vers la réalisation de son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). L’UNICEF et l’UNFPA ont officialisé, vendredi 11 septembre 2026, leur partenariat avec le Gouvernement congolais pour accompagner cette opération stratégique, dont le budget global est estimé à 192 millions de dollars.
La RDC n’a plus réalisé de recensement général de sa population depuis 1984. Le RGPH-2 doit permettre de disposer d’une photographie actualisée de la population, de sa répartition géographique et de ses caractéristiques démographiques et socio-économiques.
Ces données sont considérées comme essentielles pour améliorer la planification des politiques publiques et orienter les investissements vers les territoires et les populations qui en ont le plus besoin.
Pour l’UNICEF, l’enjeu concerne particulièrement les enfants et les adolescents.
« Investir dans le recensement, c’est investir dans la capacité de la République démocratique du Congo à mieux connaître et répondre aux besoins de chaque enfant », a déclaré John Agbor, représentant de l’UNICEF en RDC.
Le coût global du RGPH-2 est estimé à 192 millions de dollars. En mars 2026, environ 83 % de ce financement avaient déjà été sécurisés, dont 30 millions de dollars apportés par le Gouvernement congolais.

La contribution de l’UNICEF vient renforcer cette mobilisation aux côtés de l’UNFPA et des autres partenaires techniques et financiers qui accompagnent le processus sous le leadership du ministère du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement.
Pour Alain Akpadji, représentant de l’UNFPA en RDC, le RGPH-2 constitue « bien plus qu’une opération statistique », puisqu’il doit fournir au pays les données nécessaires pour planifier son développement à partir des réalités de sa population.
Le partenariat intervient alors que le processus opérationnel a déjà commencé. La cartographie censitaire est en cours, tandis que la formation des opérateurs cartographes a débuté le 9 septembre 2026.
Cette étape doit permettre de déterminer avec précision les zones de dénombrement qui serviront de base à la collecte des données sur l’ensemble du territoire national.
À terme, plus de 100 000 agents recenseurs devraient être déployés avec environ 150 000 tablettes pour une collecte entièrement numérique.
Les informations issues du recensement devront notamment permettre de mieux identifier les besoins des populations en matière de santé, éducation, nutrition, eau, hygiène et assainissement, protection de l’enfant et protection sociale.
La désagrégation des données selon l’âge, le sexe, le lieu de résidence et d’autres facteurs de vulnérabilité doit également faciliter l’identification des populations insuffisamment desservies.
Pour les partenaires, ces informations pourront ainsi contribuer à une allocation plus équitable des ressources publiques et à une meilleure planification territoriale.
Le recours aux outils numériques constitue l’une des principales innovations de cette deuxième opération censitaire. Les quelque 150 000 tablettes prévues doivent permettre de dématérialiser la collecte, de faciliter la transmission des informations et d’améliorer le contrôle et le traitement des données.
L’objectif est de renforcer à la fois la qualité, la rapidité et la fiabilité du processus.
L’UNICEF et l’UNFPA entendent ainsi accompagner le Gouvernement dans la production de données démographiques fiables, considérées comme un outil essentiel pour la planification du développement et la réduction des inégalités.
Après 42 ans sans recensement général, la RDC veut enfin disposer de données à la hauteur de ses réalités démographiques et des besoins de sa population.
Lydia Mangala


