La fermeture pour 30 jours d’un axe routier stratégique à Kinshasa continue de provoquer des réactions. Alors que les embouteillages perturbent fortement les déplacements dans plusieurs quartiers de la capitale, Daniel Biaya Tshizubu interpelle le ministre provincial des Infrastructures, des Travaux publics, des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Tshilungu, sur les conséquences de cette mesure et la nécessité d’en revoir certains aspects.
Dans une publication, il reconnaît le bien-fondé des travaux de réhabilitation entrepris pour améliorer les infrastructures routières de la capitale. Toutefois, il regrette que la fermeture de cet axe, particulièrement fréquenté, ait été décidée sans que des itinéraires alternatifs suffisamment adaptés soient préalablement aménagés.
Les conséquences se font notamment ressentir chez les habitants de Mbinza-Ozone, DGC, UPN, Pigeon et Cité Verte, qui empruntent quotidiennement cet axe pour rejoindre le centre-ville. Les usagers en provenance de Mimosas, Mbudi et Pompage, via l’avenue du Tourisme, sont également confrontés aux difficultés de circulation.
Selon Daniel Biaya Tshizubu, le report de tout ce trafic vers des routes secondaires, dont certaines ne disposent que d’une ou deux bandes, a considérablement aggravé les embouteillages. Une situation qui complique les déplacements des travailleurs, des élèves et des familles, y compris pour ceux qui quittent leur domicile très tôt le matin.
Le calendrier des travaux au cœur des critiques
L’auteur de cette interpellation estime que la dégradation de cet axe étant connue depuis longtemps, les autorités auraient pu anticiper les travaux et les programmer pendant les vacances scolaires. Il considère que leur exécution en plein mois de novembre, alors que les activités scolaires et professionnelles suivent leur cours normal, accentue les difficultés quotidiennes des habitants.
Il remet également en question le recours au seul déploiement de la Police de circulation routière comme mesure d’accompagnement. Pour lui, la régulation policière ne peut résoudre les problèmes de capacité des voies de déviation lorsque le volume de véhicules dépasse largement leurs possibilités d’absorption.
Des propositions pour atténuer les difficultés
Face à cette situation, Daniel Biaya Tshizubu appelle le ministre provincial à reconsidérer certains aspects de la mesure. Il propose notamment une réévaluation du calendrier des travaux, une meilleure coordination entre les services concernés et une concertation avec la Fonction publique pour envisager des dispositions temporaires de télétravail dans certains services.
« Gouverner, c’est aussi prévoir, mais c’est surtout savoir se remettre en question lorsque les réalités du terrain démontrent les limites d’une décision », rappelle-t-il.
Tout en réaffirmant que sa démarche ne vise pas à contester la nécessité des travaux, il insiste sur la prise en compte des réalités quotidiennes des populations dans la mise en œuvre des politiques publiques.
Pour lui, l’amélioration des infrastructures routières ne devrait pas se traduire par une dégradation excessive des conditions de mobilité, du temps de travail et de la productivité des habitants. Il appelle ainsi à concilier la réalisation des travaux avec les impératifs de déplacement des Kinois.
La rédaction


