Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a procédé, mercredi 1er juillet 2026 à Kinshasa, au lancement officiel du Groupe Inter-bailleurs du Digital, un nouveau cadre permanent de concertation destiné à harmoniser les interventions des partenaires techniques et financiers engagés dans la transformation numérique de la République démocratique du Congo.
Organisée au Pullman Kinshasa Grand Hôtel, la cérémonie a réuni des responsables d’institutions publiques, des bailleurs de fonds, des représentants du secteur privé, des startups ainsi que plusieurs acteurs de l’écosystème numérique congolais.
Le Gouvernement envisage d’ instaurer une meilleure coordination des investissements afin d’accélérer la mise en œuvre de sa stratégie numérique nationale et d’éviter la dispersion des projets soutenus par les différents partenaires au développement.
Dans son allocution, Augustin Kibassa a présenté le GID comme un instrument stratégique au service du leadership de l’État dans la conduite de la transformation digitale du pays.
« Le GID n’est pas un cadre institutionnel de plus. Il fédère et rationalise, autour d’une même table, les espaces de dialogue existants. Il est, avant tout, un instrument stratégique au service du leadership de l’État », a-t-il déclaré.
Le ministre a insisté sur la nécessité de bâtir une architecture cohérente et une vision commune pour maximiser l’impact des financements destinés au numérique.
« Le GID repose sur une conviction simple et une ambition partagée, qui ne peuvent atteindre leur pleine mesure qu’à travers une coordination assumée et une vision commune », a-t-il ajouté.

Jusqu’à présent, les interventions des partenaires bilatéraux et multilatéraux étaient souvent menées de manière isolée, entraînant parfois des chevauchements ou des doublons dans le financement des projets de numérisation.
Le nouveau mécanisme devra ainsi servir de plateforme de coordination entre l’État, les bailleurs de fonds, le secteur privé et l’ensemble des parties prenantes du numérique.
Pour le ministre de l’Économie numérique, la transition digitale représente aujourd’hui un levier incontournable pour le développement du pays.
« La transformation numérique s’impose aujourd’hui comme un levier incontournable de croissance économique, de modernisation de l’administration publique, de création d’emplois, d’amélioration de la gouvernance et de renforcement de l’inclusion sociale », a affirmé Augustin Kibassa.

Cette ambition s’inscrit dans la vision « DRC Digital Nation 2030 », portée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, et mise en œuvre par le Gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka.
Selon le ministre, cette stratégie vise à faire de la RDC une véritable puissance technologique régionale.
« Cette vision trace une trajectoire claire, articulée autour de la connectivité, du capital humain, de la numérisation des services publics, d’une économie numérique productive et de la souveraineté numérique pour faire de notre pays une nation numérique prospère et un véritable hub technologique au cœur de l’Afrique », a-t-il expliqué.
Le Gouvernement évalue à au moins un milliard de dollars américains les besoins nécessaires pour concrétiser cette ambition et développer les infrastructures numériques à travers le pays.

« À ce jour, les besoins de financement identifiés pour soutenir les infrastructures numériques sont estimés à au moins un milliard de dollars américains », a indiqué Augustin Kibassa.
Cette dynamique bénéficie déjà du soutien de plusieurs partenaires internationaux. Le ministre a notamment salué l’accord conclu entre la RDC, la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), qui mobilise une enveloppe globale de 510 millions de dollars, dont 400 millions apportés par la Banque mondiale et 100 millions d’euros par l’AFD.
Pour le Gouvernement, cet engagement témoigne de la confiance croissante des bailleurs dans les réformes numériques engagées par les autorités congolaises.
Le ministre a néanmoins rappelé que plusieurs obstacles restent à surmonter pour réussir la transition numérique du pays.
Parmi eux figurent notamment le faible accès aux smartphones, les inégalités de couverture internet, le déficit en compétences numériques ainsi que les difficultés d’accès à l’électricité dans certaines régions.
Mais pour Augustin Kibassa, ces contraintes constituent également des opportunités d’investissement et d’innovation susceptibles d’attirer davantage de partenaires et d’entreprises technologiques.
Les autorités espèrent ainsi permettre à près de 10 millions de Congolais supplémentaires d’accéder à l’internet mobile dans les années à venir grâce aux réformes et aux investissements en cours.
Le ministre est également revenu sur plusieurs projets structurants déjà engagés, parmi lesquels le déploiement du RDC-Pass, présenté comme l’identifiant numérique unique destiné à faciliter un accès sécurisé aux services publics en ligne.
Il a toutefois précisé que cet outil ne constitue pas un document d’identité, mais un mécanisme de modernisation administrative permettant de renforcer l’efficacité et la sécurité des services numériques de l’État.
Le Groupe Inter-bailleurs du Digital fonctionnera à travers un secrétariat technique logé au ministère de l’Économie numérique et plusieurs groupes thématiques dédiés aux infrastructures, à la cybersécurité, à l’administration électronique, aux compétences numériques, à l’innovation ainsi qu’au financement des startups.
En clôturant la cérémonie, Augustin Kibassa a lancé un appel à l’ensemble des acteurs concernés pour faire du numérique un véritable moteur de transformation du pays.
« En unissant nos efforts, en coordonnant nos interventions et en partageant nos expertises, nous bâtirons un écosystème numérique performant, inclusif et durable, au bénéfice de toute notre population », a-t-il conclu.
Par le lancement du GID, la RDC espère désormais franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation, en faisant de la coopération et de la coordination des investissements les piliers de sa future économie numérique.
Lydia Mangala


