Le Gouvernement de la République démocratique du Congo accélère les préparatifs en vue de l’entrée en vigueur de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), une réforme sociale destinée à garantir un accès équitable aux soins de santé pour l’ensemble de la population. Le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, et le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, ont tenu une séance de travail consacrée aux derniers ajustements techniques avant le lancement effectif de ce nouveau dispositif.
Au cours de cette rencontre, les deux membres du Gouvernement ont examiné les modalités pratiques de mise en œuvre de cette réforme, présentée comme une avancée majeure dans la protection sociale des Congolais. L’objectif est de mettre fin aux lourdes charges financières auxquelles sont confrontées de nombreuses familles lorsqu’elles doivent faire face à des dépenses de santé imprévues.
Avant son déploiement, une large concertation sera organisée avec les partenaires sociaux afin de favoriser une compréhension commune des mécanismes de l’Assurance maladie obligatoire et de recueillir les observations des différentes parties prenantes.
« Nous allons avoir une grande discussion avec les partenaires sociaux qui sera organisée par une petite équipe technique que nous venons de mettre en place et qui, dans les jours qui viennent, fera aboutir cette réforme de l’assurance maladie obligatoire pour permettre aux gens de ne plus payer eux-mêmes les soins le jour où ils tombent malades », a expliqué Jean-Pierre Lihau.
Le principe de cette réforme repose sur une prise en charge anticipée des dépenses de santé grâce à un système de cotisations partagées entre l’employeur et le travailleur. Selon le vice-Premier ministre, l’État, en tant qu’employeur, prendra en charge une cotisation de 2 %, tandis que le travailleur contribuera à hauteur de 0,20 %.
« L’idée, c’est que lorsque vous êtes malade, votre assurance vous protège. Cela permettra à tout le monde d’accéder à des soins de santé de qualité, quel que soit son niveau de revenu, parce que la protection sera organisée en amont », a-t-il précisé.
Le Gouvernement estime que cette contribution relativement faible permettra d’offrir une couverture médicale plus large tout en réduisant le risque d’appauvrissement des ménages lié aux dépenses de santé.
Cette réforme marque un changement important dans le système de santé congolais, longtemps caractérisé par le paiement direct des soins par les patients. À travers l’Assurance maladie obligatoire, les autorités ambitionnent de bâtir un mécanisme de solidarité permettant de garantir une meilleure protection sanitaire à l’ensemble des citoyens.
Afin d’assurer le succès de cette réforme, le Gouvernement entend privilégier le dialogue avec les organisations syndicales et les partenaires sociaux. Une équipe technique a été mise en place pour conduire les consultations et finaliser les derniers aspects opérationnels avant le lancement officiel du dispositif.
En misant sur l’Assurance maladie obligatoire, l’Exécutif entend renforcer la couverture sanitaire universelle et faire de l’accès aux soins de qualité un droit effectif pour tous les Congolais, indépendamment de leurs revenus.
Lydia Mangala


