La ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Micheline Ombae Kalama, a lancé jeudi 6 août les travaux de validation de la stratégie nationale actualisée de participation politique des femmes à la gouvernance démocratique.
Pendant deux jours, représentants des institutions publiques, partis politiques, organisations féminines, société civile et partenaires techniques se réunissent pour examiner ce document stratégique appelé à orienter les actions visant à renforcer la présence des femmes dans les espaces de décision.

Cette démarche intervient dans un contexte où, malgré certaines avancées, les femmes restent encore faiblement représentées dans les instances politiques congolaises. La stratégie entend ainsi répondre aux obstacles persistants qui limitent leur engagement, notamment l’accès aux candidatures, le financement des campagnes électorales, les violences politiques basées sur le genre ainsi que les barrières socioculturelles et institutionnelles.
Lors du lancement des travaux, Micheline Ombae a souligné la nécessité d’adapter cette feuille de route aux réalités actuelles du pays, en tenant compte des enseignements tirés des élections de 2023. Elle a notamment évoqué les intimidations, les discours de haine et les violences dont certaines femmes engagées en politique peuvent être victimes.

« Cette feuille de route innove en intégrant la masculinité positive pour briser les barrières structurelles et consolider durablement le leadership féminin », a déclaré la ministre, rappelant également l’engagement du Président Félix-Antoine Tshisekedi en faveur de la promotion de l’égalité des chances.
Elle a salué les avancées enregistrées ces dernières années, parmi lesquelles la nomination historique d’une femme au poste de Première ministre ainsi que l’augmentation progressive de la présence féminine dans plusieurs institutions publiques.

Pour le représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en RDC, Damien Mama, l’actualisation de cette stratégie représente bien plus qu’une simple révision administrative.
« Actualiser cette stratégie ne consiste pas uniquement à réviser un document. Il s’agit d’analyser les avancées réalisées, identifier les blocages et définir des actions concrètes, assorties d’objectifs, de responsabilités, de ressources et d’indicateurs permettant d’en mesurer les résultats », a-t-il expliqué.

Avec l’appui du PNUD et d’ONU Femmes, les participants à l’atelier travaillent notamment sur des mécanismes capables de favoriser une meilleure intégration des femmes dans les processus électoraux et politiques. Les discussions portent également sur la promotion d’une masculinité positive, considérée comme un levier pour transformer les normes sociales qui freinent encore l’accès des femmes aux responsabilités publiques.
Le gouvernement congolais ambitionne de renforcer durablement la participation des femmes à la gouvernance démocratique et de créer un environnement plus favorable à leur engagement politique.

Les travaux doivent aboutir à l’adoption de recommandations concrètes afin de doter la RDC d’un cadre adapté aux défis actuels et capable d’accélérer l’émergence d’un leadership féminin plus présent dans les institutions du pays.
Lydia Mangala


