La République démocratique du Congo prépare les grandes orientations de son prochain partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale. À Kinshasa, les consultations sectorielles consacrées à la protection sociale ont notamment permis à la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, de présenter les priorités de son secteur pour le Cadre de partenariat pays (CPP) 2027-2036.
Organisée dans le cadre du Projet de stabilisation et de relèvement de la RDC (STAR RDC), cette rencontre doit contribuer à définir les interventions qui guideront l’appui de la Banque mondiale au cours des dix prochaines années. L’institution souhaite notamment mieux articuler protection sociale, capital humain, compétences, inclusion économique et emploi.

Lors de ces échanges, Micheline Ombae Kalama a porté trois axes prioritaires pour son ministère notamment la promotion du genre et la protection de l’enfant, la lutte contre les violences basées sur le genre et l’autonomisation économique des femmes, ainsi que la promotion de la masculinité positive.
Pour la ministre, le futur partenariat doit contribuer à obtenir « des résultats plus durables de stabilité » et favoriser « l’inclusion de la population la plus vulnérable ».
Dans cette perspective, son ministère propose notamment la mise en place de centres intégrés de services multisectoriels, avec une prise en charge médicale, psychosociale et juridique ainsi qu’un accompagnement vers la réinsertion économique.

Le dispositif devrait concerner chaque commune de Kinshasa et les provinces ciblées par la Banque mondiale.
La lutte contre les violences basées sur le genre figure également parmi les priorités défendues par la ministre. L’objectif est de renforcer les mécanismes permettant aux victimes d’accéder à différents services de prise en charge dans un même cadre.
Micheline Ombae a également proposé l’institutionnalisation du Parlement des enfants, la construction de son siège ainsi que l’installation de cellules techniques consacrées à la masculinité positive dans les provinces.
Ces propositions interviennent dans un contexte où la protection sociale demeure un enjeu majeur pour la RDC. Lors de la consultation, la Banque mondiale a notamment insisté sur la nécessité de mieux coordonner les interventions et de renforcer les systèmes capables de répondre aux vulnérabilités sociales.
La ministre a par ailleurs attiré l’attention sur la situation des provinces relativement stables sur le plan sécuritaire, mais qui accueillent des populations déplacées en provenance des zones de conflit.
Selon elle, cette pression supplémentaire sur les familles d’accueil peut favoriser des situations de promiscuité et accroître les risques de violences. Elle souhaite donc que ces provinces soient également prises en compte dans les futurs programmes du partenariat.
Les priorités détaillées par le ministère du Genre, Famille et Enfant doivent être transmises à la Banque mondiale afin d’alimenter la suite du processus de préparation du CPP 2027-2036.
Un partenariat appelé à produire des résultats concrets
Pour Albert Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et plusieurs autres pays d’Afrique, l’enjeu est de dépasser une logique d’interventions dispersées afin de construire une approche plus intégrée. Les consultations mettent ainsi en avant des questions liées à la pauvreté, à l’emploi, au capital humain, à la protection sociale et à l’inclusion économique.
Le processus doit permettre de déterminer les priorités qui structureront la coopération entre Kinshasa et la Banque mondiale pour la période 2027-2036. Les consultations sectorielles doivent notamment permettre au gouvernement congolais de faire valoir les besoins spécifiques des femmes, des enfants et des autres groupes vulnérables dans cette future feuille de route.
Lydia Mangala


