Dans le cadre de la première journée de la deuxième édition de la Semaine de l’Étudiant, un panel a été organisé ce lundi 10 août autour du thème du réseautage comme levier d’opportunités en République démocratique du Congo. Blanchine Mazanga, MBA, gestionnaire de Source Creative Training, coach professionnelle, formatrice, conférencière-motivatrice, mentor et Board Member de l’ASBL Un Jour Nouveau, a invité les étudiants à repenser leur manière de construire leur parcours professionnel.
Forte de 23 années d’expérience professionnelle en Afrique du Sud et en RDC, dont 16 ans au sein de l’ambassade du Canada, la professionnelle a insisté sur la nécessité de privilégier l’expertise, la compétence et les résultats plutôt que la simple visibilité sur les réseaux sociaux.

« Il est important d’identifier des gens qui ont l’expertise, pas la prétention de la connaissance. Des personnes qui ne sont pas validées par les réseaux sociaux, mais validées par leur parcours », a-t-elle déclaré.
Pour Blanchine Mazanga, le développement du capital humain constitue l’un des principaux enjeux auxquels la RDC doit répondre. Elle estime que la force d’un pays ne dépend pas uniquement de l’importance de sa population, mais surtout de la qualité des compétences dont disposent ses citoyens.
Elle encourage ainsi les jeunes à ne pas limiter leurs ambitions à l’obtention d’un diplôme. Les connaissances théoriques doivent, selon elle, être accompagnées du savoir-faire et du savoir-être afin de devenir de véritables compétences professionnelles.
Dans cette perspective, elle appelle les étudiants à chercher constamment à développer des compétences capables de répondre aux besoins réels des organisations et de la société.
Au cours de son intervention, Blanchine Mazanga a particulièrement insisté sur la capacité à produire des résultats, une compétence qu’elle considère comme déterminante dans l’évolution professionnelle.
Selon elle, les compétences techniques peuvent être partagées par plusieurs candidats, mais c’est la capacité à transformer ses connaissances en résultats concrets qui permet de se démarquer.
« Vous aurez tous les mêmes compétences techniques, mais vous allez vous démarquer au niveau des compétences qui sont les plus valeureuses. Parmi ces compétences, il y a le résultat », a-t-elle expliqué.
Elle invite ainsi les étudiants à commencer à développer cette culture du résultat dès l’université, notamment à travers les associations, les clubs, les projets et les différentes responsabilités qu’ils peuvent assumer sur leurs campus.
Pour elle, ces espaces ne doivent pas être considérés comme de simples activités extrascolaires. Ils constituent également des lieux d’apprentissage, d’exercice du leadership et de création de relations professionnelles.
Blanchine Mazanga recommande aux étudiants de ne pas attendre leur entrée dans le monde professionnel pour commencer à construire leur réseau. Les activités universitaires, les conférences, les clubs et les initiatives communautaires peuvent déjà permettre de rencontrer des professionnels et de se faire remarquer.
Elle encourage notamment les jeunes à accepter certaines responsabilités qui leur donnent l’occasion de travailler avec différentes catégories de personnes, y compris des dirigeants et des responsables d’entreprises.
« Le résultat, c’est quand tu es là, dans un environnement où des relations se créent. C’est un environnement d’opportunités », a-t-elle souligné.

Selon elle, un étudiant qui s’investit dans une activité, démontre son sérieux et produit des résultats peut progressivement attirer l’attention de personnes susceptibles de lui ouvrir de nouvelles portes.
La conférencière a également établi une distinction entre les réseaux sociaux et les réseaux professionnels. Pour elle, avoir beaucoup d’abonnés ou être visible sur Internet ne signifie pas nécessairement disposer d’un réseau professionnel solide.
Elle encourage plutôt les jeunes à intégrer des réseaux dans lesquels les membres peuvent réellement partager leurs compétences, se recommander et s’entraider.
« Un réseau professionnel, ce n’est pas seulement un réseau social. Les vrais réseaux, c’est exactement ce que nous faisons : nous formons les gens », a-t-elle expliqué.

Dans cette logique, elle appelle les jeunes à se demander, avant de rejoindre un réseau, ce qu’ils peuvent eux-mêmes y apporter. Une compétence technique, une capacité en communication, la maîtrise de la vidéo ou encore toute autre expertise peut constituer une valeur ajoutée.
Pour Blanchine Mazanga, le réseautage efficace repose également sur la contribution. Il ne s’agit pas uniquement d’intégrer un réseau dans l’espoir d’obtenir un emploi ou un financement, mais de devenir soi-même une ressource pour les autres.
Elle rappelle que les recommandations professionnelles reposent sur la confiance. Lorsqu’une personne recommande un candidat, elle engage en partie sa propre crédibilité. C’est pourquoi la compétence reste, selon elle, indispensable.

« Quand on recommande quelqu’un, tant que la personne est compétente pour le poste auquel on l’a recommandée, il n’y a pas de problème », a-t-elle fait savoir.
Cette logique explique également pourquoi les entreprises et les organisations s’appuient souvent sur leurs réseaux pour identifier des profils. Les recommandations peuvent constituer une porte d’entrée vers certaines opportunités, à condition que la personne recommandée soit capable de répondre aux exigences du poste.
Tout au long de son intervention, Blanchine Mazanga a ainsi défendu une vision du réseautage fondée sur la compétence, la contribution et la crédibilité.
Elle invite les étudiants à ne pas se contenter de rechercher des relations influentes, mais à travailler d’abord sur ce qu’ils peuvent offrir. Pour elle, une personne devient progressivement incontournable lorsqu’elle possède une expertise identifiable et qu’elle est capable de produire des résultats.
Dans un contexte où l’accès au premier emploi reste un défi pour de nombreux jeunes diplômés en RDC, elle estime que l’université doit également être considérée comme une période de préparation professionnelle, durant laquelle chacun peut construire son expérience, développer son leadership et commencer à bâtir un réseau solide.
Blanchine Mazanga a ainsi démontré aux étudiants que le réseau peut ouvrir des portes, mais ce sont la compétence, le sérieux et les résultats qui permettent d’y rester.
Lydia Mangala


