Le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a lancé, jeudi 20 août à Kinshasa, les travaux de l’atelier de validation technique de la Stratégie nationale de développement de l’irrigation en République démocratique du Congo (SNDI-RDC). Organisées pendant deux jours au Memling Hôtel, ces assises réunissent les principales parties prenantes engagées dans l’élaboration de ce document stratégique, avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Présidés par le Secrétaire général à l’Agriculture et à la Sécurité alimentaire, Benjamin Toirambe Bamoninga, les travaux constituent une étape importante dans le processus visant à doter la RDC d’un cadre national de référence pour le développement de l’irrigation agricole.
Prenant la parole au nom du ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, empêché, Benjamin Toirambe Bamoninga a insisté sur la portée stratégique de cette démarche pour l’avenir de l’agriculture congolaise.

Il a notamment présenté l’irrigation comme un moyen de renforcer durablement la production agricole et de réduire la dépendance alimentaire du pays.
« À travers ce processus qui constitue un levier essentiel pour réduire la dépendance agricole, le Gouvernement attend de faire de l’irrigation un véritable outil de résilience climatique, d’amélioration de la productivité agricole et de renforcement de la sécurité alimentaire », a-t-il déclaré.
Cette orientation s’inscrit dans la vision portée par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, autour de la « revanche du sol sur le sous-sol », qui place la valorisation du potentiel agricole parmi les priorités nationales.

La FAO accompagne le ministère de l’Agriculture dans l’élaboration de cette stratégie. À l’ouverture des travaux, son représentant adjoint en RDC, Oumar Ndiaye, a salué le caractère participatif du processus.
Il a également félicité les experts de la Task force multisectorielle, coordonnée par la Direction de l’Aménagement des Terres Agricoles et de la Maîtrise de l’Eau du ministère, pour leur implication dans la préparation du document.
La FAO a, à cette occasion, réaffirmé sa disponibilité à accompagner la RDC dans la mise en œuvre de cette vision, notamment à travers la mobilisation des ressources nécessaires au financement des actions qui découleront de la stratégie.
Pendant deux jours, les participants doivent examiner le projet de stratégie, confronter les analyses techniques et formuler des recommandations en vue de sa consolidation.
Le document entend notamment apporter des réponses aux difficultés liées aux capacités institutionnelles, à la formation des acteurs, à l’accès aux infrastructures d’irrigation ainsi qu’au financement des activités agricoles.
L’enjeu est également de permettre aux producteurs de mieux faire face aux effets de la variabilité climatique et de réduire leur dépendance aux précipitations saisonnières.
Dans un pays disposant d’un important potentiel agricole mais encore confronté à une forte dépendance aux importations alimentaires, le développement de systèmes d’irrigation adaptés pourrait contribuer à accroître la régularité des productions et à renforcer la capacité des exploitations à produire au-delà des seules périodes de pluie.

À l’issue de l’atelier, les différentes contributions et recommandations formulées par les participants devront être intégrées dans une version consolidée de la Stratégie nationale de développement de l’irrigation.
Ce document devrait constituer, à terme, un instrument national d’orientation des interventions dans le domaine de l’irrigation agricole, en donnant davantage de cohérence aux actions des pouvoirs publics et de leurs partenaires.
Pour le ministère de l’Agriculture, l’enjeu dépasse ainsi la seule construction d’infrastructures hydrauliques. Il s’agit de poser les bases d’une politique capable de soutenir la productivité agricole, d’améliorer la résilience des producteurs face aux changements climatiques et de contribuer à la sécurité alimentaire de la RDC.
La validation technique de la SNDI-RDC marque ainsi une nouvelle étape vers une agriculture davantage maîtrisée, productive et résiliente, au service de l’ambition nationale de faire du potentiel agricole congolais un véritable moteur de développement.
Lydia Mangala


