Trois mois après le début de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, le Gouvernement entend adapter son dispositif de riposte face à l’évolution de la situation. La Première ministre, cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, a présidé le lundi 17 août 2026 une réunion technique consacrée à l’évaluation des actions engagées et à l’identification de nouvelles mesures destinées à renforcer la lutte contre la maladie.
Cette rencontre intervient alors que l’épidémie continue de mobiliser les autorités sanitaires et leurs partenaires dans plusieurs provinces du pays. Elle a notamment permis d’examiner les moyens de renforcer simultanément la prise en charge médicale, les conditions de travail des équipes engagées sur le terrain et la communication auprès des communautés.
Le premier axe retenu concerne le renforcement des mesures médicales, en complément des mesures habituelles de santé publique déjà déployées dans le cadre de la riposte.
Les autorités examinent notamment les possibilités offertes par la recherche autour de deux vaccins ciblant la souche Bundibugyo, à l’origine de l’épidémie actuelle. Le recours à des traitements antiviraux est également envisagé afin de renforcer les options disponibles pour la prise en charge des patients.
Cette orientation traduit la volonté de ne pas limiter la riposte aux mesures classiques de surveillance, d’isolement, de prise en charge et de suivi des contacts, mais d’intégrer davantage les outils médicaux susceptibles de contribuer à réduire la gravité de la maladie et la transmission du virus.
La réunion technique a également porté sur les conditions de travail des personnes mobilisées dans la réponse à l’épidémie.
Un barème de prise en charge salariale des prestataires engagés dans la riposte a ainsi été examiné et validé. Cette mesure vise à apporter davantage de clarté dans la gestion des ressources humaines mobilisées pour les différentes activités de lutte contre Ebola.
La disponibilité et la motivation des équipes constituent en effet un élément essentiel dans une réponse épidémique qui exige une présence permanente sur le terrain, notamment pour la surveillance, la prise en charge des malades, le suivi des contacts et la sensibilisation des populations.
Le troisième axe concerne la communication et la sensibilisation des communautés.
Face à la circulation de fausses informations, de rumeurs et de messages susceptibles de provoquer la méfiance envers les équipes de riposte, le Gouvernement entend renforcer les actions de communication afin de mieux informer la population sur la maladie et les moyens de s’en protéger.
La lutte contre l’infodémie constitue ainsi un volet à part entière de la riposte. Dans un contexte épidémique, l’adhésion des communautés aux mesures sanitaires dépend largement de leur compréhension des risques et de la confiance accordée aux informations diffusées par les autorités sanitaires.
Le renforcement de la communication doit donc permettre de rapprocher davantage les messages de prévention des réalités vécues par les populations et de réduire l’impact des informations erronées sur le comportement des communautés.
Parallèlement à ces nouvelles orientations, la surveillance épidémiologique demeure renforcée, particulièrement dans les zones considérées comme stratégiques.
Les abords de Kinshasa font notamment l’objet d’une attention particulière en raison de l’importance démographique et de la forte mobilité de la capitale. Aucun cas d’Ebola n’y est enregistré à ce jour, selon les autorités.
Cette surveillance vise notamment à détecter rapidement toute éventuelle introduction du virus dans la capitale et à permettre une intervention rapide en cas de suspicion.
Après trois mois d’épidémie, la réunion présidée par Judith Suminwa marque ainsi une nouvelle phase dans la riposte congolaise. L’objectif est désormais d’adapter les stratégies aux réalités de terrain, tout en renforçant les moyens médicaux, l’encadrement des équipes et la communication avec les communautés.
Le Gouvernement entend ainsi maintenir la vigilance et éviter que les progrès réalisés dans la surveillance et la prise en charge ne soient fragilisés par la circulation de fausses informations ou par une baisse de l’engagement des acteurs mobilisés contre Ebola.
Lydia Mangala


