Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a réagi aux critiques de l’ancien président Joseph Kabila sur l’endettement de la République démocratique du Congo. Il défend le recours à la dette comme un instrument de financement du développement et met en avant l’évolution des principaux indicateurs économiques du pays depuis 2019.
Le débat sur la dette publique congolaise prend une nouvelle tournure. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a répondu aux critiques formulées par l’ancien président Joseph Kabila concernant le niveau d’endettement de la République démocratique du Congo (RDC).
Pour le ministre, l’endettement ne constitue pas nécessairement un fardeau pour les finances publiques, mais peut servir de levier pour financer les investissements et soutenir la croissance économique, à condition de rester soutenable.
Doudou Fwamba conteste ainsi les inquiétudes liées à un niveau d’endettement inférieur à 20 % du produit intérieur brut (PIB), estimant qu’une telle appréciation ne tient pas suffisamment compte des fondamentaux économiques du pays.
Des indicateurs économiques en hausse
Pour étayer sa position, le ministre oppose la situation économique de 2019 à celle de 2026. Selon les chiffres avancés dans sa réponse, le PIB de la RDC serait passé de 50 milliards de dollars américains en 2019 à 120 milliards en 2026. Les réserves de change seraient, quant à elles, passées de 1,3 milliard à 8 milliards de dollars, tandis que le budget de l’État serait passé de 4 à 18 milliards de dollars.
Le ministre met également en avant le retour de la RDC sur les marchés financiers internationaux et la conclusion de trois programmes formels avec le Fonds monétaire international (FMI).
Ces indicateurs sont présentés par Doudou Fwamba comme des signes de renforcement des capacités financières de l’État. Leur interprétation doit toutefois tenir compte de plusieurs facteurs, notamment l’inflation, l’évolution du taux de change, la structure des recettes publiques et les obligations de remboursement de la dette.
La dimension sociale au cœur du débat
Au-delà des chiffres macroéconomiques, le ministre des Finances met en avant plusieurs mesures sociales, notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité, la couverture sanitaire des professeurs et des magistrats ainsi que la modernisation des infrastructures dans les territoires.
Ces réalisations sont invoquées pour illustrer l’utilisation des ressources publiques au bénéfice de la population.
Cependant, la question centrale demeure celle de l’efficacité des dépenses engagées et de leur impact concret sur les conditions de vie des Congolais. L’augmentation du budget de l’État ne suffit pas, à elle seule, à démontrer une amélioration équivalente du pouvoir d’achat ou de l’accès aux services publics.
La soutenabilité de la dette en question
Au-delà de la confrontation entre Doudou Fwamba et Joseph Kabila, le débat soulève un enjeu majeur : la capacité de la RDC à mobiliser des financements sans compromettre son équilibre budgétaire à long terme.
Un taux d’endettement relativement faible par rapport au PIB ne garantit pas automatiquement une dette soutenable. Celle-ci dépend également des conditions d’emprunt, du coût du service de la dette, des recettes mobilisées par l’État et de la capacité des investissements financés à produire des retombées économiques.
La réponse du ministre relance ainsi le débat sur la gestion des finances publiques en RDC. Entre les indicateurs économiques mis en avant par le gouvernement et les interrogations sur les effets réels de l’endettement, l’enjeu reste de démontrer que les ressources mobilisées contribuent durablement au développement du pays.
Ben Mandjolo


