La Nouvelle Ville Kia Mona ambitionne de réorganiser l’expansion de Kinshasa à travers un projet d’extension urbaine intégrant des zones industrielles, agricoles, logistiques et résidentielles. Présenté le vendredi 9 octobre 2026, lors du troisième jour de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC, ce projet a été détaillé par Thierry Katembwe, coordonnateur du Comité stratégique de supervision du projet d’extension de la ville de Kinshasa (CSSPEVK), au cours d’un panel spécial consacré à la mobilité, aux infrastructures intelligentes et au cadre de vie.
Une nouvelle approche de l’expansion urbaine
Pour Thierry Katembwe, l’extension de Kinshasa répond à la nécessité d’anticiper les conséquences de la croissance démographique et de mieux organiser le développement de la capitale.
Le projet Kia Mona entend ainsi promouvoir une urbanisation planifiée, capable de répondre aux besoins des populations tout en intégrant les impératifs environnementaux et économiques.
« Kinshasa a connu une sorte de chaos urbanistique dû à cette explosion démographique », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d’une décision politique forte pour engager l’extension de la ville vers l’est.
La mise en place du CSSPEVK répond à cette ambition transversale. Cette structure a pour mission de coordonner les différents secteurs concernés par le projet, notamment les infrastructures, l’habitat, l’industrie, l’environnement et les services publics.
Des zones industrielles, agricoles et logistiques intégrées
La structuration de la Nouvelle Ville Kia Mona repose sur plusieurs espaces destinés à soutenir son développement économique et urbain. Selon le coordonnateur du CSSPEVK, le plan prévoit notamment deux cités industrielles de 17 hectares chacune, une zone verte de 2 900 hectares, une zone agricole de 8 300 hectares et une base logistique de 1 000 hectares.
Le projet entend également développer des espaces résidentiels et urbains afin de favoriser une organisation cohérente de l’habitat et des activités économiques.
Parmi les principaux leviers de cette stratégie figure la Cité industrielle sino-congolaise, présentée comme un accélérateur du projet.
Elle prévoit, selon les éléments communiqués par Thierry Katembwe, le développement de 1 200 usines sur une superficie de 7 500 hectares, ainsi que des espaces commerciaux et des installations destinées aux activités industrielles.
L’objectif est de rapprocher la production des lieux de consommation, de développer les capacités industrielles locales et de réduire les coûts liés à la construction, notamment par la production locale de matériaux.
Un développement planifié sur dix ans
Le coordonnateur du CSSPEVK a indiqué que la construction de la nouvelle ville était envisagée sur une période de dix ans, à compter du démarrage effectif des travaux de développement. Il a également fait état d’une soixantaine de projets en cours de développement, impliquant près de 100 entreprises.
Le financement constitue toutefois un enjeu majeur. Les responsables du projet explorent plusieurs mécanismes, dont les partenariats public-privé et les financements extérieurs, en collaboration avec les institutions et agences concernées.
Parmi les projets structurants figure également un complexe hospitalier, développé à travers un mécanisme de crédit-export impliquant des partenaires internationaux.
Thierry Katembwe a souligné que l’attractivité du projet dépendrait notamment de sa capacité à mobiliser des investissements durables, à garantir la viabilité des infrastructures et à intégrer les coûts de maintenance dès la conception.
Une ville intelligente et durable
Kia Mona ambitionne d’intégrer des outils numériques dans la gestion urbaine. Le projet prévoit notamment le recours à des capteurs, à des indicateurs de suivi et à des dispositifs numériques pour améliorer la gestion des services et le fonctionnement de la ville.
La prise en compte des enjeux climatiques constitue également un axe de cette approche. Selon Thierry Katembwe, l’intégration de ces considérations dès la conception doit contribuer à préserver la durabilité des investissements et à améliorer le cadre de vie des futurs habitants.
Le projet entend par ailleurs privilégier le recours à des promoteurs immobiliers encadrés, plutôt qu’à l’autoconstruction et à la vente de parcelles sans planification préalable.
Cette orientation vise à renforcer le respect des normes d’aménagement et à assurer une meilleure cohérence du développement urbain.
Les compétences congolaises au cœur du projet
Interrogé sur la place des entreprises et des professionnels congolais, Thierry Katembwe a reconnu que le projet s’était initialement tourné vers des partenaires étrangers pour mobiliser les financements et les compétences nécessaires. Il a toutefois assuré que les acteurs locaux disposaient désormais d’opportunités croissantes pour participer à sa réalisation.
Il a notamment évoqué la contribution d’étudiants et de jeunes professionnels congolais à certaines conceptions techniques et à la réalisation de la maquette du projet, présentée lors de l’événement.
Le coordonnateur a également précisé que le transfert de compétences et la création d’emplois figuraient parmi les éléments intégrés aux contrats conclus avec certains partenaires.
La présentation de Kia Mona s’inscrit ainsi dans les réflexions menées à ExpoBeton RDC sur l’avenir urbain de Kinshasa.
À travers ce projet, ses promoteurs ambitionnent de faire émerger un nouveau pôle économique, tout en apportant une réponse planifiée aux défis de l’urbanisation, de la mobilité, des infrastructures et du cadre de vie.
Lydia Mangala


