La bataille pour la direction de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est désormais lancée. À quelques mois du XXᵉ Sommet de la Francophonie prévu à Phnom Penh, au Cambodge, le 16 novembre 2026, quatre candidats ont ouvert le débat sur l’avenir d’un espace qui rassemble 90 États et gouvernements à travers le monde.
Pour la première fois depuis la création du poste de Secrétaire général en 1997, la course se déroule dans un cadre formalisé. Les prétendants ont été auditionnés, mardi 30 juin à Paris, devant la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF), une étape inédite destinée à permettre à chaque candidat de présenter sa vision stratégique avant le vote final des chefs d’État et de gouvernement.
Quatre personnalités se disputent ainsi les clés de l’institution pour le mandat 2027-2030. Il s’agit de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, candidate à un troisième mandat, la Congolaise Juliana Amato Lumumba, la Mauritanienne Coumba Bâ et le Roumain Dacian Cioloș.
Au cœur de cette compétition figure la volonté de redéfinir le rôle de la Francophonie dans un monde marqué par les crises géopolitiques, les transformations numériques et les attentes croissantes de la jeunesse. Les candidats ont notamment décliné leurs propositions autour de la promotion de la langue française, de l’éducation, de la coopération économique, de la démocratie et du renforcement de la place de l’OIF sur la scène internationale.
Candidate à sa succession, Louise Mushikiwabo a défendu son bilan et les réformes engagées depuis son arrivée à la tête de l’organisation. Elle a mis en avant une Francophonie qu’elle souhaite « plus influente, plus solidaire et mieux gouvernée », tout en plaidant pour la continuité de son action face aux nouveaux défis auxquels l’espace francophone est confronté.
De son côté, Juliana Amato Lumumba porte une candidature qui place les peuples au centre de la Francophonie. L’ancienne ministre congolaise de la Culture a insisté sur la nécessité d’une organisation davantage connectée aux réalités quotidiennes des citoyens, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la mobilité, du numérique et de la participation citoyenne.
« La Francophonie doit renforcer son influence internationale et assumer pleinement son rôle politique », a-t-elle défendu, appelant à une institution plus engagée sur les questions de paix, de développement et de gouvernance.
La Mauritanienne Coumba Bâ mise, quant à elle, sur une approche axée sur l’efficacité institutionnelle et la gouvernance, tandis que Dacian Cioloș entend apporter son expérience européenne dans la conduite des politiques publiques et de la coopération internationale.
Cette élection intervient dans un contexte particulier pour l’OIF, régulièrement appelée à réaffirmer son utilité et son indépendance dans un environnement international en mutation. Avec plus de 396 millions de locuteurs français dans le monde, l’organisation cherche à trouver un nouvel équilibre entre défense de la langue française, influence diplomatique et réponses concrètes aux préoccupations des populations.
Le prochain Secrétaire général ou la prochaine Secrétaire générale sera officiellement désigné(e) lors du huis clos électif du XXᵉ Sommet de la Francophonie, prévu le 16 novembre prochain à Phnom Penh. Une échéance qui pourrait ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire de l’organisation créée en 1970.
Lydia Mangala


