Alors que la République démocratique du Congo poursuit la lutte contre sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, est arrivé le mardi 4 août 2026 à Bunia, en Ituri, principal foyer de l’épidémie. Cette mission vise à évaluer l’état de la riposte sur le terrain, identifier les défis persistants et renforcer les actions prioritaires pour contenir la propagation du virus.
Près de 80 jours après la déclaration de l’épidémie d’Ebola de type Bundibugyo, cette visite intervient dans un contexte où la maladie continue de toucher plusieurs provinces du pays. Accompagné des équipes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres partenaires engagés aux côtés des autorités congolaises, Jean Kaseya entend faire un état des lieux de la réponse sanitaire et recueillir les préoccupations des acteurs directement impliqués dans la lutte contre l’épidémie.
« Plus de 80 jours après le début de l’épidémie de maladie à virus Ebola de type Bundibugyo, je suis arrivé à Bunia aux côtés de nos collègues de l’OMS pour faire le point sur la riposte et identifier clairement ce qui doit encore changer. Nous sommes ici pour écouter les communautés et les équipes en première ligne, évaluer ce qui fonctionne et accélérer l’action là où la riposte doit être renforcée », a-t-il déclaré sur son compte X.
Le directeur général d’Africa CDC a insisté sur la nécessité d’une réponse de proximité, fondée sur l’écoute des communautés et le soutien aux personnels de santé mobilisés sur le terrain. Selon lui, la réussite de la riposte dépend autant de la qualité des interventions médicales que de la confiance entre les équipes sanitaires et les populations affectées.

Jean Kaseya a également rappelé les principaux axes devant guider les prochaines étapes de la riposte. Il a notamment cité la détection rapide des cas, le suivi rigoureux des contacts, la protection des agents de santé, le rapprochement des services de dépistage et de prise en charge des communautés ainsi que la mobilisation de ressources supplémentaires.
« Nos priorités : détecter chaque cas et retrouver chaque contact, protéger les agents de santé, rapprocher le dépistage et les soins des communautés, renforcer la confiance et mobiliser les ressources nécessaires. Chaque retard laisse davantage de terrain au virus. Africa CDC restera aux côtés de la RDC, de ses agents de santé et de ses communautés jusqu’à ce que cette épidémie soit maîtrisée », a-t-il assuré.
Cette mission se déroule alors que la République démocratique du Congo fait face à une recrudescence de cas ayant porté à cinq le nombre de provinces touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé.
Malgré l’expérience acquise lors des précédentes flambées d’Ebola, la riposte reste confrontée à de nombreuses difficultés. En Ituri, des mouvements de grève du personnel engagé dans la réponse sanitaire ont perturbé plusieurs activités. Les prestataires réclament notamment le paiement de leurs primes, l’amélioration de leurs conditions de travail et le respect des engagements pris par les autorités.
À ces contraintes s’ajoute une situation sécuritaire particulièrement préoccupante dans certaines zones affectées. Les attaques de groupes armés contre des structures sanitaires et les difficultés d’accès à plusieurs localités compliquent le travail des équipes médicales, ralentissant parfois les opérations de surveillance, de prise en charge des malades et de suivi des contacts.
Par cette visite à Bunia, Africa CDC s’engage à accompagner la République démocratique du Congo jusqu’à la maîtrise de cette nouvelle épidémie, en renforçant la coordination avec les autorités nationales, les partenaires internationaux et les communautés locales.
Lydia Mangala


