La République démocratique du Congo entend faire entendre sa voix au 46ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), organisé à Durban, en Afrique du Sud. Le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, y conduit la délégation congolaise en qualité de représentant personnel du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
En marge de ces assises, Guy Kabombo Muadiamvita a pris part, samedi 15 août 2026, à la réunion du Comité ministériel de la Troïka de l’Organe de la SADC. Devant ses homologues de la région, le patron de la Défense congolaise a présenté la position de Kinshasa sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, tout en plaidant pour une implication régionale davantage axée sur des actions concrètes en faveur de la paix.
Dans son intervention, le Vice-Premier ministre a d’abord salué la solidarité manifestée par les États membres de la SADC envers la RDC, notamment à travers la Mission de la SADC en République démocratique du Congo et les différentes initiatives régionales engagées face à la crise sécuritaire. Il a également exprimé la reconnaissance du gouvernement congolais envers les pays membres de l’organisation ainsi qu’au peuple sud-africain pour l’accueil réservé à la délégation congolaise.
Au-delà de ces remerciements, Guy Kabombo a dressé un tableau préoccupant de la situation sécuritaire dans l’Est du pays. Il a dénoncé ce que Kinshasa qualifie d’« agression rwandaise » menée avec l’AFC/M23, ainsi que les violences attribuées aux ADF/MTM-ISCAP contre les populations civiles, particulièrement dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Face à cette situation, le ministre de la Défense a réaffirmé la détermination de la RDC à poursuivre sa participation aux différents processus de paix et mécanismes de dialogue destinés à parvenir à une solution durable à la crise.
La délégation congolaise a surtout articulé son plaidoyer autour de quatre priorités : le respect effectif du cessez-le-feu dans l’Est de la RDC, l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), le renforcement de la réponse régionale contre les ADF/MTM-ISCAP et l’accroissement de l’assistance humanitaire en faveur des populations affectées par les conflits.
À Durban, Kinshasa appelle ainsi ses partenaires de la SADC à traduire la solidarité régionale en mesures concrètes sur le terrain. Pour la RDC, l’enjeu est désormais de renforcer les mécanismes susceptibles de contribuer effectivement à la restauration durable de la paix et de la sécurité dans sa partie orientale.
Joséphine Mawete


