Le feuilleton juridique qui secoue le football congolais vient de franchir un nouveau cap. Au cœur de la polémique se trouve le litige opposant le FC Les Aigles du Congo au TP Mazembe au sujet de la qualification du joueur Bingi Belo. Alors que le suspense demeure sur l’attribution des places qualificatives aux compétitions interclubs de la CAF, le président des Samouraïs, Vidiye Tshimanga, est sorti de son silence ce mardi 21 juillet avec des déclarations virulentes.
Pour comprendre les enjeux de cette affaire, il faut remonter aux rencontres décisives des play-offs de la Linafoot. Le FC Les Aigles du Congo conteste l’alignement de Bingi Belo par le TP Mazembe, estimant que le joueur a disputé plusieurs matchs sans détenir une licence régulièrement établie, en violation des règlements en vigueur.
Selon le club kinois, le règlement est clair : l’alignement d’un joueur non qualifié entraîne automatiquement la perte du match par forfait. Si cette sanction venait à être appliquée, le classement final serait modifié, au bénéfice des Aigles du Congo.
C’est précisément la gestion administrative de ce dossier qui suscite la colère de Vidiye Tshimanga. Introduite le 14 juin dernier, la demande d’éclaircissements adressée à la Fédération congolaise de football association (FECOFA) n’a reçu de réponse que ce mardi 21 juillet, soit au lendemain de la décision rendue par la commission d’appel de la Linafoot.
« Étonnamment, nous recevons cette réponse un jour après que la Linafoot a statué sur notre appel. Or, nous avions besoin de cette réponse pour assurer notre défense », a déclaré Vidiye Tshimanga.
Le président des Aigles du Congo critique le contenu de la réponse de la FECOFA, qu’il juge insuffisant et évasif. Selon lui, la fédération s’est limitée à renvoyer vers sa position initiale sans répondre clairement aux questions soulevées.
« Bref, tout ça devient comique. Je vois que la FECOFA est en train de suivre le chemin du déni de justice à l’égard des sociétaires que nous sommes », a-t-il regretté.

Le dirigeant affirme également que le premier vice-président de la FECOFA, José Dayoni, lui aurait reconnu, en privé, que son club disposait d’arguments juridiques solides, tout en l’invitant à privilégier un compromis afin d’éviter une crise institutionnelle.
« La FECOFA voulait nous demander si nous pouvions reculer un peu pour éviter que la maison du football ne brûle. Moi, à la place de la FECOFA, s’il faut que justice soit rendue, ce n’est pas une question de brûler la maison », a soutenu Vidiye Tshimanga.
Déterminé à poursuivre la procédure, le président du FC Les Aigles du Congo a annoncé le dépôt d’une demande d’évocation auprès de la FECOFA.
« Aujourd’hui, nous allons introduire une procédure en évocation. Nous allons revenir devant cette même fédération, qui dispose de tous les éléments du dossier et connaît la réalité. La réalité, c’est que ce joueur n’avait pas de licence. Et sans licence, un joueur ne peut pas participer à une compétition. S’il joue, c’est le forfait pour son équipe », a-t-il affirmé.
Pour Vidiye Tshimanga, le respect des textes doit primer sur toute autre considération. Il estime que Les Aigles du Congo, Maniema Union et l’AS V.Club sont les clubs qui méritent, sur les plans sportif et réglementaire, de représenter la RDC dans les prochaines compétitions africaines.
« Aujourd’hui, on veut retirer ce droit à ces équipes simplement pour faire plaisir à certaines personnes. Au niveau des Aigles du Congo, nous sommes sereins et confiants. Nous connaissons nos droits, nous connaissons les textes et nous irons jusqu’au bout de toutes les procédures », a-t-il conclu.
Le dossier est désormais entre les mains de la FECOFA, appelée à se prononcer sur cette nouvelle procédure qui pourrait avoir des conséquences importantes sur le classement final de la Linafoot et sur les représentants congolais dans les compétitions interclubs de la CAF.
Josaphat Mayi


