Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, est monté au créneau pour défendre le président Félix Tshisekedi et relativiser la polémique née de propos jugés offensants à l’endroit de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila. Lors d’un rassemblement de militants, il a dénoncé une instrumentalisation politique des critiques et rappelé que des formules similaires avaient déjà été utilisées par des proches de l’ancien pouvoir.
« Quand on interrogeait Kabila sur Tshisekedi, il répondait souvent : « Les chiens aboient, la caravane passe ». Alors, qui traitait qui de chien ? » a lancé Augustin Kabuya, estimant que les indignations actuelles relèvent davantage d’un traitement sélectif de la mémoire politique que d’une réelle préoccupation pour la dignité des institutions.
Cette sortie intervient dans un contexte de vive controverse, déclenchée par une récente intervention de Félix Tshisekedi aux États-Unis, dont certains passages ont été jugés déplacés par des figures de l’opposition et d’anciens alliés. Ces derniers ont dénoncé un langage inapproprié pour un chef de l’État et exigé des explications. De leur côté, les cadres de l’UDPS estiment que les propos du président ont été sortis de leur contexte et instrumentalisés à des fins politiques.
La réaction d’Augustin Kabuya a immédiatement suscité des réactions contrastées dans la classe politique. Les partisans de la majorité y voient une défense assumée du président et une remise en perspective des débats actuels. À l’inverse, plusieurs voix critiques estiment que ce type d’arguments, fondés sur des rappels historiques, ne contribue pas à apaiser les tensions politiques.
Ce nouvel échange s’inscrit dans la continuité des tensions persistantes entre la majorité présidentielle et les proches de l’ancien régime. Il met en lumière la difficulté des acteurs politiques congolais à dépasser les invectives du passé dans un contexte où le climat politique reste fortement polarisé.
Alors que la polémique continue d’alimenter les débats sur les réseaux sociaux et dans l’opinion, l’évolution de la situation dépendra des éventuelles initiatives d’apaisement et des clarifications attendues des principaux acteurs concernés. Sans désescalade, cet échange pourrait accentuer davantage les fractures politiques existantes.
Joëlle Luniongo


