L’avenir des filles se construit aussi à l’école et au sein des communautés. À Kananga, autorités provinciales, responsables éducatifs, leaders communautaires, confessions religieuses, autorités coutumières et société civile se sont réunis mercredi 23 septembre 2026 autour des enjeux liés à l’éducation et à l’autonomisation des filles.
La rencontre s’est tenue dans la salle du Barreau du Kasaï-Central, à l’occasion de l’atelier de plaidoyer et d’engagement citoyen consacré au Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF). Les travaux ont été lancés par le gouverneur de province, Joseph-Moïse Kambulu N’Konko.
L’atelier avait notamment pour objectif de sensibiliser les différents acteurs sur leur rôle dans l’accès des filles à l’école, leur maintien dans le système éducatif et leur autonomisation.
Prenant la parole, la Coordinatrice déléguée du PAAF, Alice Mutambay, a rappelé que le projet est une initiative du Gouvernement de la République démocratique du Congo, mise en œuvre avec l’accompagnement financier de la Banque mondiale.
Elle a précisé que, malgré cet appui financier, le gouvernement congolais demeure le maître d’ouvrage, le pilote et le garant institutionnel du projet, à travers le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté.
Pour la responsable, la réussite du projet dépend également de son appropriation par les communautés et de l’implication des autorités locales. Elle a ainsi sollicité leur accompagnement et leur protection institutionnelle afin de faciliter le déploiement des activités sur le terrain.
Au Kasaï Central, la mise en œuvre du projet intervient dans un contexte marqué par plusieurs difficultés susceptibles de compromettre le parcours scolaire des filles.
Les pesanteurs socioculturelles, les mariages précoces, les contraintes économiques ainsi que la fragilité de certaines infrastructures scolaires figurent parmi les défis identifiés.
Face à ces réalités, les acteurs réunis à Kananga ont été sensibilisés à la nécessité d’une mobilisation collective pour créer un environnement davantage favorable à la scolarisation et à l’épanouissement des filles.
Le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu N’Konko a, pour sa part, invité les différents responsables locaux à accompagner les équipes chargées de la mise en œuvre du PAAF.
Les proviseurs, le maire de Kananga, les administrateurs des territoires, les bourgmestres ainsi que les responsables de la Police et des services de sécurité ont notamment été encouragés à apporter leur assistance au projet et à veiller au bon fonctionnement des mécanismes de prévention et de gestion des conflits.
Le gouverneur a également insisté sur la nécessité de renforcer les messages en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du rejet de toute forme de violence, particulièrement auprès des jeunes.
Dans cette perspective, il estime que l’école doit rester non seulement un lieu d’apprentissage, mais également un espace de dialogue, de citoyenneté et de construction de la paix.
Classé parmi les cinq provinces prioritaires du PAAF, le Kasaï Central doit également bénéficier d’investissements dans les infrastructures scolaires et les installations WASH, notamment dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène.
Parmi les infrastructures annoncées figure notamment la construction de l’ISP/Luiza, qui doit contribuer à renforcer les capacités d’accueil et les conditions d’apprentissage dans la province.
Le PAAF est financé par la Banque mondiale à hauteur de 400 millions de dollars. Il vise notamment à faciliter l’accès des filles à l’enseignement secondaire public, favoriser leur maintien à l’école et promouvoir l’égalité des chances.
L’atelier de Kananga aura ainsi permis de rappeler que l’éducation des filles ne relève pas uniquement des établissements scolaires. Parents, enseignants, autorités, responsables religieux et coutumiers, leaders communautaires et société civile sont tous appelés à contribuer à la création d’un environnement propice à leur réussite.
Le Kasaï Central entend renforcer l’engagement collectif autour d’un enjeu central du PAAF de permettre aux filles d’accéder à l’éducation, d’y rester et de disposer des conditions nécessaires pour construire leur avenir.
Lydia Mangala


