Initialement prévue les 19 et 20 octobre 2026, la grève des chauffeurs de transport en commun à Kinshasa n’a pas été suivie comme attendu ce lundi, sur fond de divisions entre les organisations professionnelles.
Alors que certaines associations ont appelé à la reprise des activités, d’autres maintiennent leur mobilisation. Éric Manianga, président de Mopila ASBL et porte-parole de circonstance de la Corporation des associations des chauffeurs de Kinshasa, dénonce la désolidarisation de certaines structures et des pressions présumées des autorités urbaines, tandis que les principales revendications du secteur restent en attente de réponses concrètes.
Selon Éric Manianga, plusieurs associations auraient renoncé à la mobilisation après avoir été contactées par des représentants des institutions urbaines. Il affirme que son organisation souhaitait rencontrer directement le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, afin de lui présenter les préoccupations des chauffeurs.
« Elles ont été contactées par une autre institution de la ville et ont cédé à cette démarche », a-t-il déclaré, sans identifier les organisations concernées ni l’institution mise en cause.
Malgré cette situation, le président de Mopila ASBL affirme vouloir poursuivre son action dans le respect de la légalité. Il évoque également des intimidations présumées et réaffirme sa volonté de défendre les intérêts des conducteurs.
De son côté, le président du Collectif des chauffeurs du Congo, Émery Kasongo, avait annoncé le report de la grève à une date ultérieure, invoquant la situation sécuritaire du pays et la disponibilité des autorités à dialoguer avec les représentants du secteur.
Les chauffeurs dénoncent plusieurs difficultés liées à l’exercice de leur métier. Parmi leurs principales revendications figurent le manque de parkings et d’arrêts aménagés, le flou entourant la gestion de la taxe de stationnement, les embouteillages récurrents ainsi que les charges d’exploitation jugées élevées.
Éric Manianga affirme qu’une correspondance reprenant ces préoccupations a été adressée aux autorités provinciales, sans qu’une réponse concrète ait été obtenue à ce jour.
Il dénonce également des faits présumés de corruption et de détournement des recettes publiques liées à la taxe de stationnement, appelant les autorités à faire la lumière sur leur gestion.
« Nous disons non à la corruption, nous disons non aux antivaleurs, nous disons non au détournement de l’argent des contribuables congolais », a-t-il martelé.
Les organisations favorables à la grève réclament notamment la transparence dans la perception des taxes, la révision des tarifs du transport en commun et la mise en place d’un cadre permanent de concertation avec les autorités provinciales.
En attendant des réponses à ces revendications, les divergences entre associations compliquent la mobilisation et entretiennent l’incertitude autour de la poursuite du mouvement dans la capitale congolaise.
Lydia Mangala


