En mission à Bunia, épicentre de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a rencontré les leaders communautaires de l’Ituri afin de renforcer leur implication dans la riposte.
À l’issue des échanges, il a annoncé plusieurs mesures destinées à améliorer les interventions sur le terrain, notamment l’arrivée prochaine de dix ambulances et la mise en place d’un système numérique de paiement des agents de santé.
Cette rencontre s’est tenue dans le cadre d’une mission d’évaluation de la riposte, alors que l’épidémie est active depuis 54 jours et continue de s’étendre dans plusieurs zones de la province.

Face aux chefs coutumiers, responsables religieux et représentants de la société civile, le ministre a insisté sur le rôle déterminant des communautés dans la lutte contre Ebola. Les leaders communautaires ont, de leur côté, réaffirmé leur engagement à accompagner les équipes de riposte à travers la sensibilisation des populations et la promotion des mesures de prévention.
Répondant à leurs préoccupations sur les capacités d’intervention, Roger Kamba a annoncé le déploiement prochain de dix ambulances destinées à renforcer la prise en charge des malades et à améliorer durablement l’offre de soins en Ituri.
Le ministre a également présenté un nouveau dispositif de gestion des ressources humaines destiné à mettre fin aux difficultés de paiement des agents engagés dans la riposte.

« Nous allons régler cette situation. Chaque agent recevra une carte professionnelle servant aussi de carte bancaire afin que les paiements soient effectués directement, sans intermédiaire », a déclaré Roger Kamba.
Cette réforme intervient dans un contexte de fortes tensions parmi les prestataires de la riposte, dont plusieurs dénoncent depuis plusieurs semaines le non-paiement de leurs primes, des disparités salariales et des conditions de travail difficiles.
Le ministre a reconnu l’existence de dysfonctionnements liés à la mise à jour des listes du personnel, assurant que le nouveau système permettra de garantir des paiements transparents et sécurisés, exclusivement au profit des agents effectivement déployés sur le terrain.
Au cours de son séjour, Roger Kamba a également rappelé que l’Ituri demeure dans une phase « très active » de l’épidémie, marquée par une augmentation quotidienne du nombre de cas et par son extension vers les provinces de la Tshopo et du Haut-Uélé. Il a appelé les équipes sanitaires ainsi que les communautés à maintenir leur vigilance afin de freiner la propagation du virus.
Cette mobilisation intervient alors que la zone de santé de Boga, dans le territoire d’Irumu, vient d’enregistrer son premier cas confirmé de maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo.
Selon les autorités sanitaires, il s’agit d’un cultivateur ayant été en contact avec une personne malade en provenance de Bunia. Après plusieurs jours de symptômes évocateurs, les analyses effectuées au laboratoire de Bunia ont confirmé l’infection.
Avec cette nouvelle contamination, Boga devient la 25ᵉ zone de santé touchée par l’épidémie en Ituri. Sa proximité avec la frontière ougandaise renforce les inquiétudes quant au risque de propagation transfrontalière.
Face à cette situation, le chef de la chefferie des Bahema Boga, John Kabarole Tibasima III, a invité la population au calme tout en appelant au respect strict des mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts à risque et le signalement rapide de tout cas suspect.
Le président du Conseil local de la jeunesse a, pour sa part, exhorté les jeunes à s’impliquer davantage dans les campagnes de sensibilisation afin de renforcer la mobilisation communautaire contre la maladie.
Alors que l’épidémie a déjà causé plusieurs centaines de décès et continue de gagner de nouvelles zones sanitaires, les autorités sanitaires estiment que la réussite de la riposte dépendra autant du renforcement des moyens logistiques que de l’adhésion des communautés aux mesures de prévention et de surveillance.
Lydia Mangala


