La République démocratique du Congo veut accélérer sa transformation numérique en rapprochant davantage les ambitions de l’État des capacités du secteur privé. Cette orientation s’est concrétisée jeudi 13 août à Kinshasa avec la signature d’un protocole d’accord entre le ministère de l’Économie numérique, dirigé par Augustin Kibassa Maliba, et EquityBCDC.
L’accord ouvre un cadre de collaboration autour de plusieurs enjeux stratégiques entre autres transformation numérique, inclusion financière, identité numérique, intelligence artificielle, infrastructures numériques et innovation. Il s’inscrit dans la volonté du gouvernement de faire de la RDC une nation digitale au cœur de l’Afrique.
Pour le ministre Augustin Kibassa Maliba, la signature de cet accord constitue une étape supplémentaire dans la mise en œuvre des réformes engagées par le gouvernement dans le secteur numérique.

Le ministre a notamment rappelé le Plan national du numérique adopté en 2019 ainsi que le Code du numérique de 2023, auxquels s’ajoutent plusieurs initiatives destinées à structurer l’écosystème numérique national.
« Aucun pays ne peut aspirer au véritable développement sans le développement du numérique », a souligné Augustin Kibassa Maliba, estimant que l’État et les acteurs privés doivent désormais travailler ensemble pour transformer ces orientations en réalisations concrètes.
Cette coopération doit notamment contribuer à rapprocher les services numériques publics des services financiers privés, avec l’objectif de simplifier l’accès des citoyens aux différents services.
L’un des axes majeurs évoqués lors de la cérémonie concerne le RDC PASS, dont l’intégration dans certains parcours bancaires est envisagée.
Cette perspective pourrait permettre de créer une passerelle entre l’identité numérique nationale, les services publics et le secteur bancaire, sous réserve du respect de la réglementation en vigueur.
L’enjeu est notamment de faciliter l’identification des utilisateurs et de simplifier certaines démarches, tout en renforçant la sécurité des transactions et la confiance dans les services numériques.
Cette dynamique s’accompagne de plusieurs chantiers institutionnels, notamment l’Autorité nationale de certification électronique (ANCE), appelée à renforcer la confiance dans les transactions électroniques, ainsi que l’Agence nationale de cybersécurité (ANCY). Le Guichet numérique, adopté en Conseil des ministres et en attente de son décret d’application, figure également parmi les dispositifs destinés à accompagner la transformation numérique de l’administration.
Du côté d’EquityBCDC, le protocole vient renforcer une stratégie déjà engagée autour de la digitalisation des services bancaires.
Le directeur général Willy Mulamba a indiqué que la banque entend notamment poursuivre l’intégration de nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle afin de simplifier les parcours des clients et d’améliorer la qualité des services.
La banque travaille notamment sur une plateforme de self-boarding, destinée à permettre aux clients d’entamer leur parcours bancaire de manière entièrement numérique et avec davantage d’autonomie.
Pour EquityBCDC, la technologie doit avant tout rester au service des utilisateurs et contribuer à élargir l’accès aux services financiers.
« Le digital ne doit pas être une technologie réservée à quelques-uns. Il doit être un outil d’incidence, d’opportunité et de progrès pour tous », a déclaré Willy Mulamba.

Le partenariat ne se limite pas aux applications et aux services numériques. Les parties prenantes insistent également sur la nécessité de disposer d’infrastructures adaptées pour soutenir durablement la transformation du pays.
Centres de données, points d’échange IP, systèmes d’identification fiables, solutions de paiement accessibles et mécanismes de financement adaptés figurent parmi les éléments nécessaires à la construction d’un écosystème numérique performant.
Pour Flotent Muteba, conseiller du ministre chargé de la Digitalisation et de l’Intelligence artificielle, la transformation numérique ne peut donc pas reposer uniquement sur la technologie. Elle nécessite également des infrastructures solides, des mécanismes de financement, une meilleure accessibilité aux services financiers et des partenariats durables entre les pouvoirs publics et le secteur privé.
Les deux parties ont par ailleurs réaffirmé leur engagement à inscrire cette coopération dans le respect de la souveraineté numérique, de la protection des données personnelles et des principes de bonne gouvernance.
L’accord vise ainsi à faire du numérique un levier d’accès aux opportunités économiques et financières.
Pour la RDC, l’enjeu consiste désormais à passer progressivement de la conception des politiques numériques à leur appropriation par les citoyens, les entreprises et les institutions.
La signature de ce protocole entre le ministère de l’Économie numérique et EquityBCDC pose ainsi les bases d’une coopération destinée à faire converger identité numérique, services publics, finance, intelligence artificielle et innovation.
Une convergence qui pourrait, à terme, contribuer à rendre les services plus accessibles, renforcer la confiance dans l’économie numérique et accélérer l’émergence d’un écosystème digital congolais davantage connecté aux besoins quotidiens de la population.
Lydia Mangala


