Le Musée national de la République démocratique du Congo a accueilli ce samedi 29 août une conférence commémorative organisée dans le cadre du 62ᵉ anniversaire du Parti lumumbiste unifié (PALU).
Placée sous le thème : « À la suite des fondateurs de la RDC : aux origines de la République, le projet lumumbiste », cette rencontre a réuni cadres, militants, invités et représentants des médias pour revisiter l’héritage des pères fondateurs et réfléchir à sa traduction dans les réalités de la RDC contemporaine.
Cette conférence constituait l’un des temps forts des activités marquant les 62 ans d’existence du PALU. Le parti avait annoncé cette rencontre comme un moment de réflexion consacré à la pérennisation de sa vision et de son idéologie.
Loin d’une simple cérémonie protocolaire, les différents intervenants ont voulu faire de cette commémoration un espace de mémoire, de réflexion et de transmission.
Christian Malamba appelle à comprendre l’histoire pour mieux assumer les responsabilités
Dans son discours d’ouverture, Christian Malamba, coordinateur de la Ligue des jeunes, a donné le ton de la rencontre.
Au nom de la direction du parti, il a souhaité la bienvenue aux participants avant de rappeler que ce 62ᵉ anniversaire ne devait pas être réduit à une simple célébration du passé.
Pour lui, revisiter l’histoire doit permettre aux générations actuelles de mieux comprendre les combats menés par les fondateurs de la République et de mesurer la responsabilité qui leur incombe aujourd’hui.
« Un anniversaire politique ne doit pas être une simple célébration du passé. Il doit être une occasion de comprendre notre histoire, d’en tirer des enseignements et de réfléchir à la responsabilité qui est la nôtre aujourd’hui », a déclaré Christian Malamba.

Le coordinateur de la Ligue des jeunes a notamment insisté sur les notions d’indépendance, de souveraineté nationale, d’unité et d’émancipation du peuple congolais.
Il a également posé plusieurs questions qui ont servi de fil conducteur aux échanges : que retenir aujourd’hui du combat des fondateurs ? Que signifie la souveraineté dans le contexte actuel ? Comment préserver l’unité nationale face aux différentes fractures de la société ? Et surtout, comment transmettre cet héritage aux générations futures ?

Pour Christian Malamba, être à la suite des fondateurs ne signifie pas seulement regarder vers le passé. C’est aussi accepter de porter une responsabilité envers l’avenir.
Godefroid Mayobo revient aux origines du projet politique lumumbiste

La deuxième intervention a été assurée par Godefroid Mayobo, secrétaire général et chef du parti du PALU, autour des origines et de l’évolution du projet politique lumumbiste.
Son intervention a essentiellement porté sur la nécessité de replacer ce projet dans son contexte historique.
Selon lui, le projet politique défendu par les nationalistes congolais ne peut être compris sans revenir aux réalités qui ont marqué la période précédant et suivant l’indépendance.
« Le projet lumumbiste ne naît pas de rien. Il ne surgit pas spontanément. Il apparaît dans un contexte bien précis. Il constitue une réponse à une situation donnée », a expliqué Godefroid Mayobo.

L’orateur a ainsi appelé les nouvelles générations à ne pas considérer l’histoire comme une matière dépassée.
Pour lui, comprendre les origines permet de mieux saisir la portée d’un projet politique et d’évaluer sa pertinence face aux défis actuels.
Son intervention s’est notamment intéressée à la période allant de l’indépendance à l’apparition du parti, ainsi qu’au processus de formulation et de transmission de cette vision politique.
Il a également insisté sur la nécessité de préserver la mémoire politique et idéologique du mouvement afin qu’elle puisse continuer à nourrir la réflexion des générations futures.
Anicet Mifia Mulala interroge l’usage de l’héritage des fondateurs
La réflexion s’est poursuivie avec l’intervention du camarade Anicet Mifia Mulala, consacrée au thème : « Le projet lumumbiste à l’épreuve du temps : actualités et perspectives ».
Son intervention est partie d’une question fondamentale.
« Que faisons-nous de l’héritage qui nous a été transmis par nos pères fondateurs ? », s’est-il interrogé.
Pour Anicet Mifia Mulala, cette question doit être au cœur de toute réflexion sur la continuité du projet lumumbiste.

Il a rappelé que les pères fondateurs avaient porté, avant l’indépendance, un projet politique fondé notamment sur le nationalisme et l’émancipation du peuple congolais.
Il a également expliqué que le terme « lumumbisme » s’est progressivement imposé pour désigner l’héritage politique et idéologique associé à Patrice Lumumba et à ceux qui se reconnaissaient dans son combat.

Mais au-delà de la terminologie, l’enjeu reste, selon lui, de savoir comment traduire cet héritage dans la réalité politique et sociale contemporaine.
Être héritier ne consiste donc pas uniquement à conserver une mémoire. Il faut également être capable de transformer cette mémoire en action.
Jacqueline Dambo Mutuku rappelle que les héritiers ont une mission
La conférence a également été marquée par la présentation de la Déclaration des héritiers nationalistes lumumbistes par Jacqueline Dambo Mutuku.
Dans une intervention résolument tournée vers l’avenir, elle a insisté sur la responsabilité qui incombe aux générations actuelles.

« Être héritier ne signifie pas seulement recevoir un patrimoine politique. Être héritier, c’est aussi assumer une mission », a-t-elle déclaré.
Selon elle, les héritiers du lumumbisme doivent porter une vision d’un Congo libre, souverain, uni, digne et maître de ses ressources.
Elle a appelé à faire de l’héritage lumumbiste une réalité concrète plutôt qu’un simple slogan.
Pour Jacqueline Dambo Mutuku, le nationalisme doit notamment se traduire par la défense de l’unité nationale, la protection des ressources du pays, la lutte contre la corruption et la promotion de l’intérêt général.
La souveraineté et l’unité nationale s’imposent au cœur des échanges

L’un des principaux enseignements de cette conférence aura été la place accordée à la souveraineté nationale.
Les intervenants ont rappelé que celle-ci ne pouvait se limiter aux déclarations politiques. Elle doit, selon eux, se construire à travers des institutions fortes, une justice crédible, une économie productive, une armée républicaine et une administration responsable.
L’unité nationale a également occupé une place importante dans les échanges.
Face aux divisions liées notamment aux appartenances provinciales, tribales, sociales ou politiques, les participants ont été appelés à faire de la diversité congolaise une force plutôt qu’un instrument de fragmentation.
La femme congolaise revendique toute sa place dans la construction nationale
La déclaration présentée par Jacqueline Dambo Mutuku a également mis en lumière le rôle de la femme dans la construction de la nation.
Elle a rappelé que l’héritage nationaliste ne pouvait être considéré comme une affaire exclusivement masculine.
La femme congolaise, a-t-elle souligné, est également actrice de l’histoire, de la paix, de l’éducation, de l’économie et de la construction nationale.
Elle doit donc occuper une place pleine et entière dans la transmission de l’héritage politique et dans la réalisation du projet national.
Une question centrale se pose : quel Congo transmettre aux générations futures ?

Derrière les différentes interventions, une même interrogation s’est progressivement imposée : quel héritage les générations actuelles laisseront-elles à celles qui viennent ?
Les intervenants ont appelé les militants à ne pas se contenter de répéter les discours des fondateurs.

La fidélité à leur mémoire, ont-ils soutenu, doit se mesurer à la capacité de répondre aux problèmes actuels du peuple congolais.
Le patriotisme a ainsi été présenté comme une pratique quotidienne : respecter les lois, protéger les ressources nationales, combattre la corruption, défendre l’intérêt général et participer à la construction d’un État plus fort.
Les participants approfondissent le débat

Après les différentes communications, la conférence s’est poursuivie par une séquence de questions-réponses.
Les participants ont eu l’occasion d’interpeller les intervenants et d’approfondir plusieurs questions liées à l’histoire du PALU, au projet lumumbiste, à sa pertinence actuelle ainsi qu’aux perspectives de transmission de cette pensée aux nouvelles générations.
Ces échanges ont permis d’instaurer un dialogue direct entre les conférenciers, les militants et les autres participants présents dans la salle.
Le PALU clôture sa conférence sous le signe de la transmission
Au terme des échanges, le protocole a prononcé le mot de clôture, marquant officiellement la fin de cette conférence commémorative.
Une photo de famille a ensuite réuni cadres, intervenants, militants et invités autour d’un même souvenir de cette célébration du 62ᵉ anniversaire du parti.
La cérémonie s’est finalement achevée dans une ambiance conviviale autour d’un cocktail.
De la mémoire à l’action
Au Musée national, le PALU aura donc choisi de célébrer ses 62 ans en replongeant dans son histoire, mais surtout en posant la question de son avenir.
Des discours de Christian Malamba à la déclaration de Jacqueline Dambo Mutuku, en passant par les interventions de Godefroid Mayobo et d’Anicet Mifia Mulala, un même appel a résonné : l’héritage des fondateurs ne doit pas rester enfermé dans les livres d’histoire.
Il doit être compris, transmis et confronté aux défis de l’époque.
« Nous sommes les héritiers. L’Histoire nous regarde. Le peuple attend de nous des actes. Et l’avenir du Congo, c’est à nous de le construire », ont affirmé les héritiers nationalistes lumumbistes dans leur déclaration.

Ainsi, pour le PALU, les 62 années écoulées ne constituent pas seulement un regard rétrospectif sur le chemin parcouru. Elles apparaissent également comme un rendez-vous avec l’avenir, autour d’une question essentielle : comment transformer l’héritage lumumbiste en action concrète au service du peuple congolais ?
Ben Mandjolo


