Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a annoncé l’ouverture d’enquêtes sur des allégations d’exploitation illicite des ressources minières dans le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Cette décision fait suite aux dénonciations du député national Trésor Lutala Mutiki, qui accuse des sociétés étrangères et certains complices congolais de piller les ressources minières de la région.
Selon le parlementaire, plusieurs sites miniers de Mwenga, notamment dans les zones de Kamituga et Lugushwa, feraient l’objet d’une exploitation illicite menée par des sociétés, dont certaines d’origine chinoise, avec la complicité présumée de certains civils et militaires congolais.

« Je viens de Mwenga où j’ai constaté la réalité du terrain. Je suis venu dénoncer l’exploitation illicite des minerais par des sujets étrangers, avec la complicité de certains Congolais, ainsi que la dégradation de la situation judiciaire dans mon territoire », a déclaré Trésor Lutala Mutiki à l’issue de son audience avec le ministre de la Justice.
Le député affirme que ces activités échappent à tout mécanisme de contrôle et ne profitent pas aux populations locales.
« Ces minerais ne profitent pas à nos populations. Il n’y a aucune traçabilité et tout cela se fait sous la couverture de certains éléments des forces de sécurité. Les militaires comme les civils impliqués dans cette exploitation illicite doivent être identifiés et sanctionnés », a-t-il plaidé.

Face à ces accusations, Guillaume Ngefa a assuré que son ministère agira conformément à la loi et aux orientations du Chef de l’État.
« Au cours de la semaine dernière, j’ai reçu le député national Trésor Lutala Mutiki, élu du territoire de Mwenga, qui m’a alerté sur des allégations d’exploitation illicite des ressources minières ainsi que sur plusieurs préoccupations liées au fonctionnement de la justice dans son territoire. Conformément aux orientations du Président de la République arrêtées lors du dernier Conseil des ministres, j’ai instruit mes services d’engager sans délai les diligences nécessaires et de saisir les parquets compétents afin que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les responsabilités soient établies », a déclaré le ministre d’État.

Réaffirmant sa détermination à lutter contre la criminalité économique, Guillaume Ngefa a averti que les auteurs d’éventuelles infractions devront répondre de leurs actes devant la justice.
« La lutte contre l’exploitation illicite des ressources naturelles, la fraude minière et toutes les formes de criminalité économique demeure une priorité de mon mandat. Aucune violation de la loi ne sera tolérée. Si les faits sont avérés, leurs auteurs répondront de leurs actes devant la justice, dans le strict respect de l’État de droit », a-t-il insisté.

Cette décision s’inscrit dans le prolongement des résolutions prises lors du Conseil des ministres du 10 juillet 2026, au cours duquel le Président Félix-Antoine Tshisekedi avait ordonné le démantèlement des réseaux de fraude minière, la fin de toute militarisation illégale des sites d’exploitation et des sanctions exemplaires contre les responsables.
Saluant la réaction du ministre de la Justice, le député Trésor Lutala s’est dit confiant quant à l’aboutissement des enquêtes annoncées, espérant que celles-ci permettront de mettre fin aux pratiques dénoncées et de garantir que les richesses minières de Mwenga profitent enfin aux populations locales.
Lydia Mangala


