Face aux conflits qui fragilisent plusieurs régions du continent, Serge Etinkum Anza appelle la jeunesse africaine à sortir de la posture de spectatrice pour devenir une véritable force de défense de la paix, de la souveraineté et du développement. Le coordonnateur de la plateforme « La Jeunesse Parle » s’est exprimé, mercredi 9 septembre à Kinshasa, en qualité de parrain d’une session du Sommet mondial de la diplomatie, organisé par le Forum international de la jeunesse africaine pour le développement de l’Afrique (FIJADA).
Placée sous le thème « RDC, cœur de l’Afrique : la diplomatie contemporaine comme levier pour promouvoir un développement durable », cette session de trois jours réunit des acteurs de la jeunesse autour des grands enjeux liés à la diplomatie, à la paix, à la souveraineté et au développement du continent.
Dans son intervention, Serge Etinkum a particulièrement attiré l’attention sur la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pour lui, les déplacements massifs de populations, les violences et les pertes en vies humaines ne doivent plus être considérés comme une fatalité.
« Le peuple congolais a droit à la paix, à la justice et à la pleine maîtrise de son destin », a-t-il martelé devant les participants.
La jeunesse appelée à défendre la paix et la justice
Serge Etinkum a dénoncé la banalisation des souffrances vécues par les populations de Beni, Butembo, Goma et d’autres territoires affectés par les conflits. Il a appelé la jeunesse africaine à faire entendre sa voix en faveur de la paix et de la justice.
Selon lui, le destin de la RDC dépasse largement ses frontières nationales. S’appuyant sur une vision panafricaine, il estime qu’un Congo déstabilisé constitue une menace pour l’équilibre et l’avenir de l’ensemble du continent.
« Un Congo en paix, souverain et stable peut devenir une force pour toute l’Afrique. Mais un Congo livré à la prédation fragilise le rêve de tout un continent », a-t-il fait comprendre.
La souveraineté passe aussi par une meilleure gouvernance
Son plaidoyer s’est également étendu à la question de la souveraineté africaine. Selon lui, celle-ci ne peut se limiter à la dénonciation des influences extérieures. Elle exige également une profonde remise en question de la gouvernance interne des États africains.
« La souveraineté se construit avec des institutions solides, des dirigeants responsables et des citoyens capables de demander des comptes », a déclaré Serge Etinkum.
Dans cette perspective, il a invité la jeunesse à combattre la corruption, l’impunité et le détournement des fonds publics, qu’il considère comme des obstacles majeurs à l’émancipation réelle du continent.
La jeunesse doit prendre sa place dans les décisions
Au-delà des discours, Serge Etinkum a insisté sur la responsabilité de la jeunesse dans les grandes décisions nationales et continentales. Pour lui, les jeunes doivent désormais participer activement aux débats publics, à l’élaboration des politiques et à la construction des solutions.
« La jeunesse ne doit plus attendre que son avenir soit décidé par d’autres. Elle doit se préparer, s’engager et prendre sa place dans la construction de l’Afrique qu’elle réclame », a-t-il lancé.
En conclusion, Serge Etinkum a appelé les participants à transformer les résolutions du Sommet mondial de la diplomatie en actions concrètes, notamment à travers des projets communs de formation, d’entrepreneuriat et de solidarité entre les organisations de jeunesse.
Pour lui, la paix et la justice doivent guider l’avenir de la RDC, tandis que l’unité et la souveraineté doivent renforcer l’Afrique. La jeunesse, quant à elle, doit prendre pleinement ses responsabilités et devenir l’un des moteurs de cette transformation.
Ben Mandjolo


