Un atelier d’appropriation des modules et outils de formation s’est ouvert le lundi 17 août au Cercle Elaïs, à Kinshasa, avec l’appui technique de l’UNESCO. Prévue jusqu’au 21 août, cette rencontre réunit les formateurs nationaux et les experts de la Task Force élargie.
L’objectif est de préparer les formateurs à assurer une transmission harmonisée des contenus lors des prochaines formations destinées aux enseignants, aux responsables administratifs et aux autres acteurs impliqués dans la réforme de la formation initiale des enseignants des six premières années de l’éducation de base.
Cette réforme s’inscrit dans le cadre du Pacte de partenariat « Des enseignants et des enseignements de qualité », conclu entre le Gouvernement congolais, à travers le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, et le Partenariat mondial pour l’éducation.
Elle bénéficie notamment du projet EFFICACE, exécuté par l’Agence française de développement, avec deux sous-composantes confiées à l’UNESCO.
La première phase de la réforme avait permis l’ouverture des classes de première année dans 12 Humanités pédagogiques rénovées, réparties entre Mbandaka, Mbanza-Ngungu et Tshikapa. Cette expérimentation a permis d’identifier plusieurs enseignements destinés à améliorer le dispositif avant son élargissement.
« Nous avons transformé nos difficultés en défis, pour en faire des leviers réels de la transformation du système », a déclaré Betty Matondo, coordonnatrice du projet EFFICACE à l’UNESCO.
Selon elle, le suivi et l’accompagnement pédagogique réalisés sur le terrain ont également permis d’adapter progressivement les interventions aux besoins des enseignants, des responsables administratifs et des élèves des HPR, appelés à devenir les futurs enseignants du pays.
La réforme entre désormais dans une deuxième phase qui prévoit l’intégration de Bandundu-ville et Kalemie, correspondant respectivement aux provinces éducationnelles du Kwilu et du Tanganyika.
Cette nouvelle étape prévoit également l’ouverture des classes de deuxième année dans les trois premiers sites d’expérimentation entre autres Mbandaka, Mbanza-Ngungu et Tshikapa.
Pour accompagner cette extension, les outils pédagogiques ont été révisés sur la base des observations recueillies lors de la première phase.
Alexis Yoka, directeur chef de service de la DIFORE-BG, a expliqué que cette expérience avait notamment conduit à revoir les outils de première année et à élaborer ceux destinés à la deuxième année.
Le dispositif comprend désormais 36 guides pédagogiques couvrant les disciplines de première et deuxième années, auxquels s’ajoutent six guides consacrés aux stages de socialisation, d’observation et d’autonomie, ainsi que différents modules de formation.
Ces outils ont fait l’objet d’un testing et d’un contrôle de qualité pédagogique et linguistique avant leur utilisation.
Durant les cinq jours de l’atelier, les participants approfondiront cinq modules principaux consacrés à l’andragogie, à la protection contre l’exploitation et les abus sexuels, à l’utilisation du guide pédagogique, au suivi et à l’accompagnement pédagogique, ainsi qu’à l’organisation des stages dans les HPR.
La formation intègre également cinq thématiques transversales notamment le genre, l’inclusion éducative, la protection de l’environnement, le numérique et le GENOCOST. Une attention particulière est accordée à l’andragogie, qui permet de tenir compte de l’expérience et des acquis des adultes dans les processus de formation.
Les futurs formateurs seront ainsi encouragés à privilégier des méthodes participatives basées sur les études de cas, les simulations, l’analyse des pratiques et la résolution collective des problèmes.
Les partenaires de la réforme cherchent donc à consolider les acquis de la première phase et à mieux préparer son extension. L’enjeu est de disposer de formateurs suffisamment outillés pour garantir une mise en œuvre cohérente des Humanités pédagogiques rénovées et, à terme, contribuer à l’amélioration de la formation des futurs enseignants en RDC.
Lydia Mangala


