À l’occasion de la célébration de la fête nationale française, le 14 juillet, à Kinshasa, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a lancé un appel à la communauté internationale pour intensifier les efforts diplomatiques en faveur du retour de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Prenant la parole lors de la réception officielle organisée par l’ambassade de France, le président de la chambre basse du Parlement a insisté sur la nécessité de transformer les avancées diplomatiques en résultats concrets pour les populations affectées par le conflit. Il a souligné que les habitants de l’Est du pays aspirent avant tout à retrouver la sécurité, la dignité et l’espoir après plusieurs années de violences.
Dans son allocution, Aimé Boji est revenu sur la situation sécuritaire préoccupante dans les provinces orientales de la RDC. Il a dénoncé ce qu’il a qualifié d’agression rwandaise et de soutien aux groupes armés, notamment à la rébellion de l’AFC/M23, évoquant un lourd bilan humain marqué par des milliers de victimes, des déplacements massifs de populations ainsi que des violences touchant particulièrement les femmes et les enfants.
Le président de l’Assemblée nationale a salué l’engagement diplomatique de la France dans la recherche d’une solution durable à cette crise. Il a notamment rappelé le soutien de Paris à l’adoption de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 21 février 2025, qui appelle au retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Selon lui, la RDC et la France partagent une même vision fondée sur le respect du droit international, de la souveraineté des États et de la bonne gouvernance.
Aimé Boji a également mis en avant l’élection de la République démocratique du Congo comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2026-2027. À ses yeux, cette responsabilité constitue une marque de confiance de la communauté internationale et offre à la RDC une tribune importante pour défendre la paix, la protection des civils, la lutte contre le terrorisme, le renforcement du multilatéralisme ainsi qu’une meilleure prise en compte du lien entre les ressources naturelles, la sécurité et le développement.
Au-delà des questions sécuritaires, le président de l’Assemblée nationale a salué la qualité de la coopération franco-congolaise dans le secteur de la santé. Il a remercié la France pour son accompagnement lors des différentes épidémies d’Ebola, notamment à travers la recherche scientifique, la formation des personnels de santé, l’assistance humanitaire et le renforcement des capacités nationales de riposte. Il a exprimé le souhait de voir cette coopération s’étendre davantage à la recherche biomédicale, à la production pharmaceutique et au développement du système de santé congolais.

Évoquant la portée symbolique du 14 juillet, Aimé Boji a rappelé que les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité continuent d’inspirer la République démocratique du Congo dans son engagement en faveur de la justice, de la souveraineté nationale et de la consolidation de l’État de droit. Au nom du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de l’Assemblée nationale et du peuple congolais, il a adressé ses félicitations au peuple français tout en réaffirmant la volonté de renforcer les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays.
En conclusion, le président de l’Assemblée nationale a appelé les partenaires bilatéraux et multilatéraux à poursuivre leur engagement aux côtés de la RDC afin que les initiatives diplomatiques et les résolutions internationales produisent des effets tangibles sur le terrain et contribuent durablement au rétablissement de la paix dans l’Est du pays.
Joelle Luniongo


