À l’ouverture de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week, tenue à Lubumbashi, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) a une nouvelle fois placé la question du climat des affaires au centre des débats sur l’avenir du secteur minier en République démocratique du Congo.
Intervenant devant un parterre composé d’autorités publiques, d’opérateurs miniers et d’investisseurs internationaux, le président de la Chambre des mines de la FEC, Kassongo Bin Nassor, a insisté sur la nécessité de créer un environnement plus stable, plus lisible et plus attractif pour les capitaux.
Dès son allocution, il a salué l’importance de cette rencontre devenue, selon lui, un espace incontournable de dialogue entre les différents acteurs du secteur.
« Je voudrais féliciter VUKA Group, organisateur de cet événement, ainsi que tous les partenaires qui, année après année, contribuent à faire de la République démocratique du Congo une plateforme incontournable de réflexion, de réseautage, d’investissement et de dialogue autour des enjeux miniers », a-t-il déclaré.
Abordant le thème de cette édition, axé sur la transformation de la RDC en acteur majeur des minerais critiques, Kassongo Bin Nassor a rappelé la place stratégique qu’occupe désormais le pays dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Premier producteur mondial de cobalt et acteur clé du cuivre, la RDC détient également d’importantes réserves en lithium, étain et coltan. Des ressources qui, selon lui, positionnent le pays au centre de la transition énergétique mondiale.
Mais au-delà de cette position privilégiée, il a posé une question essentielle :
« Comment transformer cette position stratégique en prospérité durable pour notre pays ? »
Pour le président de la Chambre des mines, le principal frein à cette transformation reste l’instabilité du cadre fiscal et administratif.
Il a dénoncé la multiplication des taxes et prélèvements, souvent perçus comme non conformes au Code minier, et qui fragilisent la compétitivité du secteur.
« Le climat des affaires dans le secteur des mines en République démocratique du Congo demeure très préoccupant, surtout avec l’ingéniosité des différentes administrations pour créer des taxes et prélèvements multiples en violation flagrante du Code minier », a-t-il déploré.
Selon lui, cette situation crée une incertitude permanente pour les investisseurs et nuit à l’attractivité du pays, pourtant riche en opportunités.
Clarifier les rôles pour mieux développer le secteur
Kassongo Bin Nassor a également insisté sur la nécessité de mieux définir les responsabilités de chaque acteur du secteur minier.
Il estime que les entreprises doivent se concentrer sur leur cœur de métier, à savoir l’exploration, la production et la transformation des minerais, tandis que l’État et les institutions publiques doivent assurer les infrastructures essentielles.
« Les entreprises minières ont vocation à explorer, produire, transformer et créer de la valeur. Il est déstabilisant de leur demander, en plus, de construire des routes, devenir des transporteurs ou d’investir dans l’électricité », a-t-il souligné.
En conclusion, le président de la Chambre des mines a appelé à une vision plus cohérente et plus stable du développement minier en RDC.
Pour lui, seule une réforme profonde du climat des affaires permettra de transformer l’immense richesse géologique du pays en richesse économique et sociale durable.
La FEC estime donc que la RDC dispose d’un potentiel minier exceptionnel, mais celui-ci ne pourra pleinement profiter au pays qu’à condition de bâtir un environnement de confiance, de stabilité et de partenariat entre tous les acteurs du secteur.
Lydia Mangala


