L’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, a présenté, jeudi 9 juillet à Kinshasa, les principaux résultats de sa note d’analyse consacrée à l’agenda législatif et aux réformes en République démocratique du Congo. Cette présentation s’inscrivait dans le cadre du lancement de Landila, le premier baromètre citoyen de suivi de l’action gouvernementale.
Présentant les résultats de cette analyse, Ithiel Batumike, chercheur au pilier politique d’Ebuteli, a rappelé que Landila se veut avant tout un outil d’information et d’évaluation destiné aux citoyens.

« Nous ne faisons pas un baromètre pour le Gouvernement, même si c’est un baromètre qui travaille sur le Gouvernement. Il vise à rendre visible ce qui est fait, ce qui n’est pas fait, afin que les citoyens puissent disposer d’informations objectives pour apprécier l’action publique », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’objectif de cet outil est de permettre un meilleur dialogue entre les institutions et la population en fournissant des données structurées sur les engagements pris par l’Exécutif et leur niveau de mise en œuvre.
Ithiel Batumike a précisé que le suivi effectué par Landila repose notamment sur les engagements inscrits dans le programme d’action du Gouvernement présenté devant l’Assemblée nationale.
« Le suivi des engagements se fait par rapport aux actions arrêtées dans les programmations du Gouvernement présentées à l’Assemblée nationale. C’est sur cette base que les engagements des différents ministères ont été répertoriés », a-t-il indiqué.

Dans sa phase pilote, Landila couvre six ministères jugés stratégiques, notamment ceux liés aux secteurs de la justice, de l’économie nationale, des mines, du genre, de l’intérieur et de la santé. Le chercheur a toutefois souligné que l’ambition d’Ebuteli est d’étendre progressivement cette évaluation à l’ensemble des ministères.
« L’ambition est d’aller vers d’autres ministères. C’est une grande étape, mais il existe des contraintes liées notamment aux financements et aux moyens disponibles », a-t-il précisé.

L’agenda législatif, un indicateur de l’action gouvernementale
Dans son analyse, Ebuteli a également mis en lumière l’importance de l’agenda législatif comme instrument d’évaluation des priorités gouvernementales.

Selon l’institut, l’agenda législatif permet de mesurer la capacité de l’Exécutif à transformer ses engagements politiques en réformes concrètes nécessitant l’adoption de textes de loi.
L’analyse présentée relève cependant un décalage entre les ambitions initialement annoncées et l’état d’avancement de plusieurs réformes.

« L’agenda législatif est un indicateur important de la capacité du Gouvernement à mettre en œuvre ses priorités, mais il ne suffit pas d’annoncer des textes. Il faut assurer un suivi effectif pour qu’ils soient adoptés et qu’ils produisent leurs effets », ressort de la note d’analyse.
Ebuteli observe que plusieurs textes annoncés dans l’agenda initial n’ont pas encore connu d’aboutissement significatif, tandis que l’activité législative du Gouvernement s’est davantage concentrée sur des matières liées à la gestion courante de l’État, notamment les lois budgétaires, les ratifications d’accords internationaux ou encore les prorogations de l’état de siège.
Malgré ces constats, l’institut reconnaît l’existence d’une volonté politique au niveau de l’Exécutif pour faire avancer certaines réformes.
L’analyse cite notamment plusieurs interventions de la Première ministre appelant à accélérer la mise en œuvre de l’agenda législatif, notamment lors des conseils des ministres de septembre 2025, octobre 2025 et février 2026.
Pour Ebuteli, la publication et le suivi régulier de l’agenda législatif restent essentiels pour renforcer la transparence et la responsabilité publique.
« Un agenda législatif ne peut devenir un véritable outil de gouvernance que s’il est documenté, suivi et évalué régulièrement », souligne l’analyse.
Ebuteli entend ainsi offrir aux citoyens, chercheurs, journalistes et acteurs de la société civile un instrument permettant de mesurer l’écart entre les engagements annoncés par les autorités et leur réalisation effective.
Lydia Mangala


