L’opposant congolais Marley Vuvu est désormais entre les mains de la justice. Après plus de deux semaines de détention au Conseil national de cyberdéfense (CNC), le coordonnateur du Mouvement des Révolutionnaires Congolais (MRC) a été entendu ce mercredi 4 novembre 2026 au parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe.
Selon les informations rapportées, trois griefs lui ont été notifiés en présence de ses avocats : l’offense au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’apologie d’actes terroristes attribués à l’ancien président Joseph Kabila et l’outrage à un corps constitué.
Cette audition intervient après son arrestation, le 18 octobre dernier, à Songololo, dans la province du Kongo Central, alors qu’il regagnait Kinshasa. Il avait ensuite été transféré dans la capitale et placé en détention dans les locaux du Conseil national de cyberdéfense. Son transfert au parquet marque une nouvelle étape dans la procédure judiciaire engagée à son encontre.
L’affaire intervient dans un climat politique particulièrement tendu en RDC, notamment depuis l’annonce, en octobre dernier, du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle structure politico-militaire associée à Joseph Kabila.
Il sied de rappeler que le 12 octobre dernier, Marley Vuvu avait publiquement pris ses distances avec l’ancien chef de l’État. Dans une déclaration relayée par Opinion Info, il avait rejeté le recours aux armes comme moyen de conquête du pouvoir et affirmé son attachement aux voies constitutionnelles.
La procédure judiciaire devra désormais permettre d’examiner les faits reprochés à l’opposant et d’établir les éventuelles responsabilités. À ce stade, les griefs notifiés constituent des accusations et ne sauraient être assimilés à une condamnation.
Ce dossier relance ainsi les interrogations sur la situation des acteurs de l’opposition et le respect des garanties judiciaires dans un contexte national marqué par de fortes tensions politiques et sécuritaires.
Ben Mandjolo


