À l’occasion de la 6ᵉ édition du Grand Salon de l’Agribusiness et du Digital (GSAD), l’African Agricultural Leadership Institute (AALI) réaffirme son engagement en faveur d’une agriculture congolaise plus moderne, rentable et créatrice d’emplois. Pour le Dr Mitima Djuma, Directeur de Partenariat pour l’Agribusiness à AALI, la réussite du GSAD illustre surtout ce que la synergie entre acteurs peut produire lorsqu’une idée est portée collectivement.
Présent lors de la conférence de presse annonçant cette édition, le Dr Mitima Djuma est revenu sur les débuts de cette aventure, née de la rencontre entre deux jeunes porteurs d’une ambition qu’ils savaient difficile à concrétiser.

« Nous avons essayé de faire quelque chose que je salue, qui n’est pas souvent fait en RDC : ça s’appelle synergie et collaboration », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette dynamique a permis de réunir différentes expertises, notamment celles de l’IITA, de COPAGEL et d’autres partenaires, autour d’une même vision.
« Nous avons réussi à démontrer qu’ensemble, on pouvait avancer. Il n’y a rien qui est juste de Dr Mitima ou juste de Jonathan. Nous avons réussi à démontrer qu’ensemble, on pouvait avancer », a-t-il souligné.
Passer des discours à la concrétisation
Pour le responsable d’AALI, le contexte actuel est particulièrement favorable à une transformation profonde du secteur agricole congolais. La RDC affiche l’ambition de développer son agriculture et son agribusiness, mais l’enjeu est désormais de traduire cette volonté en réalisations concrètes.
« Nous voulons développer l’agribusiness, cela se passe dans toutes les têtes et dans tous les discours, mais est-ce que nous le concrétisons réellement ? Nous, on veut travailler réellement », a insisté le Dr Mitima Djuma.

C’est dans cette logique qu’AALI entend agir sur plusieurs leviers : accompagner les politiques publiques, favoriser un environnement réglementaire propice à l’investissement agricole et renforcer les relations entre les secteurs public et privé.
« Le privé doit s’impliquer plus dans l’investissement en agriculture et nous croyons beaucoup que nos amis financiers et banquiers ont leur part à jouer pour que cela fluidifie la création de business et la mise en valeur des partenariats publics et privés », a-t-il déclaré.
Changer l’image de l’agriculture auprès des jeunes

L’un des principaux combats d’AALI reste toutefois le changement de perception du secteur agricole. Pour le Dr Mitima Djuma, il ne suffit pas d’encourager les jeunes à cultiver mais il faut plutôt leur permettre de pratiquer une agriculture rentable, intégrant les technologies et les innovations disponibles.
« Nous voulons que les jeunes fassent de l’agriculture, mais de l’agriculture profitable, en utilisant les technologies qui sont créées et trouvées au niveau de nos partenaires comme l’IITA, la FAO et d’autres, et les disséminer au plus près des hommes », a-t-il expliqué.
À Kinshasa, cette vision se traduit déjà par plusieurs initiatives de formation. À Bacana, AALI accompagne notamment un projet d’agribusiness dans le domaine de l’horticulture, avec des jeunes formés à la production de tomates, concombres et poivrons.

« Aujourd’hui, c’est le plaisir de dire qu’on a 24 jeunes qui viennent de faire trois mois », s’est réjoui le responsable.
D’autres programmes portent sur la formation à la production de plants de café, de cacao et de palmier à huile, tandis qu’un projet conduit en partenariat avec l’IITA et la Fondation Hironda vise à relancer la culture du blé dans une zone où cette production pourrait contribuer à réduire progressivement la dépendance aux importations.
Des déchets transformés en opportunités
Pour AALI, l’agribusiness ne se limite d’ailleurs pas aux activités directement liées à la culture. Le secteur englobe toute une chaîne de valeur et peut également apporter des réponses à des problématiques environnementales.
Le Dr Mitima Djuma cite notamment une initiative de valorisation des déchets issus des marchés et d’autres sources, transformés en compost puis commercialisés.
« Nous récupérons tous les déchets des marchés et nous essayons de les transformer en compost. Ce compost est revendu à des agriculteurs », a-t-il expliqué.
Cette approche illustre, selon lui, l’étendue des possibilités offertes par l’agribusiness, depuis la production jusqu’à la transformation, en passant par la gestion des déchets, les services, la technologie et la commercialisation.
Connecter les jeunes aux opportunités et au financement
AALI veut ainsi contribuer à rapprocher les jeunes des opportunités existantes dans le secteur agricole, mais aussi des différents acteurs susceptibles de les accompagner.
« Nous pensons que l’agriculture et l’agribusiness ont un large spectre et, au travers des prochains jours, nous allons essayer de vous montrer ce que nous faisons, mais aussi de connecter avec notre société », a annoncé le Dr Mitima Djuma.

L’ambition est notamment de faire émerger une véritable chaîne d’accompagnement, allant de la formation à la création d’entreprise, jusqu’à l’accès au financement. Des initiatives soutenues par des partenaires au développement, notamment à travers Expertise France, doivent contribuer à cette dynamique.
Par sa participation au GSAD 2026, AALI entend donc démontrer que l’avenir de l’agriculture congolaise passe autant par la terre que par l’innovation, la formation, l’investissement et les partenariats. Une manière, selon le Dr Mitima Djuma, de transformer progressivement les ambitions affichées autour de l’agribusiness en réalités économiques pour les jeunes et pour le pays.
Lydia Mangala


