Au terme de la matinée de réflexion consacrée aux enjeux de l’heure et à l’avenir de la jeunesse congolaise, organisée lundi 13 juillet au chapiteau du Pullman à Kinshasa par le Ministère de la Jeunesse et de l’éveil patriotique, les travaux du secrétariat technique ont débouché sur une proposition concrète visant à renforcer la place de la jeunesse dans la Constitution de la République démocratique du Congo.
Présentant la synthèse des échanges, Maître Léon Otshudi Okondjo a indiqué que les différentes contributions recueillies auprès des participants ont été transformées en une proposition structurée destinée à donner une portée juridique aux aspirations exprimées par les jeunes.

« Pour donner corps à vos desiderata, afin que vos réflexions ne demeurent pas des vœux pieux ou des lettres mortes, il faut les consacrer dans la loi. Et la première des lois dans un ordre juridique interne comme le nôtre, c’est la Constitution », a-t-il expliqué.
Selon lui, la Loi fondamentale doit fixer les grands principes, tandis que les détails relèvent des lois organiques et des textes réglementaires.
« La Constitution ne consacre que le principe le plus important, le plus fondateur de l’organisation de la vie nationale. Elle ne peut pas entrer dans tous les détails », a-t-il précisé.

À l’issue des travaux, le secrétariat technique a ainsi retenu une proposition de modification de l’article 42 de la Constitution, seule disposition actuellement dédiée spécifiquement à la jeunesse congolaise.
Dans l’exposé des motifs, il est rappelé que la jeunesse représente une force majeure de la population congolaise et qu’elle constitue un acteur incontournable dans la construction de l’avenir du pays.
« Quel est l’avenir et le devenir de ce pays ? Vous êtes l’avenir et le devenir de ce pays. C’est pour vous, pour la jeunesse, qu’on décide, qu’on travaille, et il importe de le faire avec elle. Rien pour la jeunesse sans les jeunes », a déclaré Maître Léon Otshudi.

La proposition issue des échanges prévoit notamment de faire évoluer la perception de la jeunesse, en passant d’une catégorie uniquement bénéficiaire de protection à un véritable acteur du développement national.
Parmi les changements proposés figurent l’obligation pour les pouvoirs publics de garantir la protection de la jeunesse contre les atteintes à sa santé, son intégrité physique, morale, psychique et sexuelle, mais également de favoriser son émergence civique, académique, scientifique et professionnelle.
Le texte proposé insiste aussi sur l’adaptation de la formation des jeunes aux nouvelles réalités, notamment les nouvelles technologies, le numérique et l’intelligence artificielle.
Les contributions retenues mettent également l’accent sur la participation directe des jeunes aux décisions publiques, avec la création de mécanismes favorisant leur représentation dans les institutions.
La proposition prévoit notamment la création des conditions favorables à l’employabilité, à l’entrepreneuriat, à l’accès aux instances de décision publique avec un quota de 30 %, ainsi qu’à l’autonomisation des jeunes.
Une attention particulière est également accordée aux jeunes en situation de vulnérabilité, notamment ceux touchés par les conflits, l’exclusion sociale, le handicap, la vie dans la rue, les conflits avec la loi ou encore la toxicomanie.
Le document recommande par ailleurs la diffusion et l’application de la Charte africaine de la jeunesse, l’adoption d’une loi organique sur la jeunesse ainsi que la création d’un fonds national dédié au financement des politiques publiques en faveur des jeunes.
Ces recommandations, issues des débats entre représentants de la jeunesse, acteurs politiques, société civile, universitaires et différents secteurs professionnels, devront désormais être transmises aux autorités compétentes pour la suite du processus.
Les participants entendent inscrire durablement la jeunesse congolaise au cœur des politiques publiques et faire de celle-ci non plus seulement une bénéficiaire des décisions nationales, mais une véritable force de proposition et de transformation de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


