À l’occasion de la Journée internationale de la jeune fille, célébrée ce dimanche 11 octobre 2026, Evelyne Kabuiku, coordonnatrice de l’Association des femmes et des jeunes pour le développement communautaire (AFEJEDEC), a sensibilisé les participantes du Forum des jeunes filles à la lutte contre le mariage d’enfants, à la défense de leurs droits et à l’autonomisation économique.
L’activité s’est tenue dans la grande salle paroissiale Saint-Jean-Baptiste, dans la commune de Bumbu, à Kinshasa, autour du thème : « Mettons fin au mariage d’enfants et investissons dans les droits des filles ».
Le mariage d’enfants, un obstacle aux droits des filles
Dans son intervention, Evelyne Kabuiku a dénoncé les conséquences du mariage précoce sur l’éducation, les libertés et l’avenir des jeunes filles. Elle a rappelé que chaque fille doit pouvoir poursuivre ses études et acquérir les connaissances nécessaires pour faire ses propres choix.
« Une fille à cet âge-là doit aller à l’école. Ça, c’est son droit », a-t-elle insisté.

Elle estime que le mariage ne doit pas interrompre le parcours scolaire ni compromettre les perspectives d’avenir des adolescentes.
Pour la coordonnatrice de l’AFEJEDEC, l’éducation et la formation permettent aux jeunes filles de mieux comprendre leurs droits, de prendre des décisions et de construire leur autonomie plutôt que de dépendre entièrement d’un conjoint.
L’entrepreneuriat comme levier d’autonomie
S’appuyant sur son propre parcours, Evelyne Kabuiku a encouragé les jeunes filles à entreprendre dès les études, même à petite échelle. Elle a raconté avoir commencé à vendre des produits pendant ses humanités et poursuivi différentes activités commerciales à l’université afin de contribuer à ses besoins et de financer son parcours.
« Ne croisez pas les bras. Allez à l’école, formez-vous, informez-vous », a-t-elle lancé aux participantes.

Elle les a invité à saisir les possibilités d’apprentissage et à développer progressivement des activités génératrices de revenus.
Elle a également insisté sur l’importance de l’informatique, des langues, notamment l’anglais, et des compétences numériques. Selon elle, les réseaux sociaux peuvent aussi devenir des outils de création de contenus, de promotion et de vente, à condition de les utiliser de manière productive.
Elle a encouragé les jeunes filles à valoriser leurs petites initiatives et à apprendre à gérer leurs revenus.
« Comme Elle », une initiative pour inspirer les jeunes femmes
En marge de cette activité, Evelyne Kabuiku a annoncé le lancement de « Comme Elle », une structure destinée à mettre en lumière des femmes modèles qui ont un impact en République démocratique du Congo sur les plans spirituel, social et politique.
Les jeunes femmes présentes au forum ont été invitées à s’inscrire pour intégrer cette initiative.
Des rencontres mensuelles avec ces femmes modèles sont prévues afin de favoriser le partage d’expériences, l’inspiration et l’accompagnement.
La coordonnatrice de l’AFEJEDEC a défendu une vision de la jeune fille fondée sur l’éducation, la formation continue et l’indépendance économique.
Son message a rappelé que la lutte contre le mariage d’enfants passe aussi par des possibilités concrètes permettant aux filles de poursuivre leurs études, de développer leurs compétences et de construire leur avenir.
Lydia Mangala


