Le contrôle technique apparaît comme un maillon essentiel pour garantir la sécurité, la qualité et la durabilité des infrastructures en République démocratique du Congo. Lors du panel 3 de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC, Jean-Aimé Mavar, directeur général du Bureau Technique de Contrôle (BTC) et ingénieur de formation, a insisté sur la nécessité de disposer de normes nationales adaptées aux réalités du pays afin de renforcer l’efficacité du contrôle des ouvrages.
Créé en 1997, le Bureau Technique de Contrôle intervient notamment dans le contrôle technique et financier des ouvrages. Jean-Aimé Mavar a rappelé que sa mission repose sur une double responsabilité, à la fois technique et financière.
Il a présenté trois principaux moments d’intervention : le contrôle avant l’exécution, le contrôle en cours d’exécution et le contrôle à la fin des travaux.
En amont, le BTC procède à l’examen des documents et des plans du projet afin d’identifier les éventuelles insuffisances et de vérifier leur conformité aux exigences applicables.
Pendant les travaux, le contrôle porte notamment sur la manière dont le projet est effectivement exécuté. À l’issue du chantier, une nouvelle vérification permet d’apprécier la conformité de l’ouvrage réalisé.
« Pour contrôler, il faut que ce que vous avez à contrôler puisse exister », a-t-il expliqué.
Il a souligné que le contrôle technique accompagne le processus de construction dans son ensemble.
Pour le directeur général du BTC, le contrôle ne peut être efficace sans référentiel technique clair. Les normes constituent ainsi un cadre permettant aux professionnels de savoir comment concevoir et exécuter les ouvrages.
Il a notamment cité l’exemple des matériaux de construction, dont les caractéristiques et les conditions d’utilisation doivent être encadrées afin d’assurer une qualité constante.

« Lorsqu’on dimensionne un ouvrage en respectant une certaine norme, le fait de respecter la norme apporte une certaine durabilité », a-t-il souligné.
La normalisation poursuit ainsi plusieurs objectifs, notamment la sécurité des structures, la qualité des ouvrages, leur durabilité et la maîtrise de leur impact environnemental.
Jean-Aimé Mavar a salué l’initiative visant à réunir les différents acteurs autour de l’élaboration de normes nationales pour le secteur de la construction. Une telle démarche doit, selon lui, permettre de donner aux professionnels un référentiel adapté et de renforcer parallèlement le contrôle technique.
« Tout ce qui se construit, qu’est-ce qu’on peut leur reprocher si on ne leur a pas donné une norme pour qu’ils puissent s’y conformer ? », a-t-il relevé.
Pour lui, l’élaboration de ces normes représente également une étape vers davantage d’autonomie dans le secteur de la construction en RDC.
Il préconise toutefois de ne pas nécessairement repartir de zéro. Les expériences européennes et africaines peuvent servir de base à un partage d’expériences, tandis que des annexes nationales permettraient d’adapter les référentiels aux particularités congolaises.
L’ingénieur a insisté sur la nécessité de prendre en compte les caractéristiques propres aux différentes régions du pays. Les conditions climatiques, environnementales et géographiques ne sont pas identiques partout en RDC et doivent être intégrées dans la conception des normes.
Cette adaptation nécessite des études, des expérimentations et des données scientifiques fiables. Jean-Aimé Mavar a ainsi souligné l’importance de disposer de laboratoires suffisamment équipés pour effectuer les différents essais nécessaires à l’élaboration de référentiels adaptés.
« C’est un travail de longue haleine, mais il faudrait commencer quelque part, d’abord pour jeter une base », a-t-il déclaré.
En conclusion, Jean-Aimé Mavar a réaffirmé le caractère stratégique du contrôle technique dans le processus de normalisation du secteur des BTP. Pour lui, l’existence de normes nationales permettra aux bureaux de contrôle de disposer d’une base objective pour apprécier la conformité des projets et accompagner les professionnels.
« Le contrôle technique est un outil essentiel à cette opération de normalisation », a-t-il insisté.
Son intervention s’inscrit dans les réflexions du panel 3 d’ExpoBeton 12, consacré aux normes de construction, au contrôle technique et à la régulation dans le secteur des BTP, avec un accent particulier sur le rôle du CNE-ITP dans l’élaboration des normes et sur la problématique des zones de Kinshasa construites hors normes.
Lydia Mangala


