Face au paradoxe entre l’exigence d’expérience des employeurs et le manque d’opportunités pour les jeunes diplômés, le volontariat peut constituer une première réponse concrète. C’est le principal message porté par Christian Akilimali Kamalebo, Secrétaire national du Volontariat au ministère du Plan et de la Coordination de l’aide au développement en RDC, lors de la 2ᵉ édition du Forum sur l’Employabilité des Jeunes, tenue samedi 3 octobre au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa.
Pour Christian Akilimali, de nombreux jeunes diplômés se retrouvent confrontés à une difficulté récurrente par laquelle les employeurs demandent une expérience professionnelle alors que les jeunes peinent à obtenir une première opportunité.
Il estime que cette situation ne doit pas conduire à l’inaction. Le volontariat figure, selon lui, parmi les moyens permettant aux jeunes de commencer à construire cette expérience et de valoriser leurs compétences.

« Il y a beaucoup de jeunes qui ont des diplômes, qui ont terminé leurs études et qui sont à la recherche de leur premier, deuxième emploi. Mais, hélas, ils sont souvent confrontés à une contradiction : d’une part, l’employeur exige une expérience et, d’autre part, personne ne donne à ces jeunes l’opportunité de pouvoir travailler », a-t-il déploré.
Le responsable du volontariat définit cette démarche comme un engagement mettant à contribution les compétences, le temps et l’énergie d’une personne au service d’une cause d’intérêt général. Une expérience qui, lorsqu’elle est structurée et documentée, peut devenir un véritable élément du parcours professionnel.
Christian Akilimali invite également les jeunes à ne pas minimiser les expériences acquises dans les organisations, associations ou collectifs. Ces engagements peuvent être valorisés sur un CV à condition de préciser les fonctions exercées, les responsabilités assumées et surtout les résultats obtenus.

« Plus on a de l’expérience, plus il faut parler du peu qu’on a déjà. Et lors de l’entretien, il est important de pouvoir donner une situation précise », a-t-il recommandé.
Il encourage ainsi les candidats à présenter des réalisations concrètes plutôt qu’à se limiter à l’énumération de leurs titres ou diplômes. La participation à un projet, l’organisation d’une activité ou la gestion d’une équipe peuvent notamment permettre de démontrer des capacités d’initiative, de collaboration et de résolution de problèmes.
Prenant l’exemple de son implication dans l’organisation du Forum sur l’Employabilité des Jeunes, il explique qu’une expérience de ce type peut être présentée comme une véritable preuve de compétences lors d’un recrutement.

« J’ai eu à gérer le projet de forum sur l’employabilité. Quelles étaient les actions que j’ai eues à entreprendre, à animer, quels étaient les résultats ? Ça permet à l’employeur de savoir que vous avez travaillé, que vous pouvez avoir des initiatives, collaborer avec les autres et résoudre les problèmes », a-t-il souligné.
Christian Akilimali défend une conception de l’employabilité fondée non seulement sur les diplômes, mais également sur la capacité des jeunes à créer et documenter leurs premières expériences. Le volontariat apparaît ainsi comme un espace d’apprentissage, de responsabilité et de mise en pratique des compétences, en attendant l’accès à un emploi rémunéré.
Lydia Mangala


