À l’occasion de la cérémonie de certification et de prestation de serment de la première cohorte des Ambassadeurs 2250, organisée ce mercredi 2 septembre au Mémorial GENOCOST à Kinshasa, Deborah Nyamugabo, Coordonnatrice nationale adjointe du Secrétariat technique national de la Résolution 2250 (STN2250-RDC), a rappelé le rôle central de la jeunesse dans la construction de la paix et la transmission de la mémoire en République démocratique du Congo.
Devant les 50 jeunes désormais certifiés, Deborah Nyamugabo a replacé leur engagement dans une perspective plus large d’une jeunesse appelée à transformer ses convictions en actions concrètes et à porter sur le terrain les principes de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité.
La jeunesse, un acteur incontournable de la paix
Pour la Coordonnatrice nationale adjointe du STN2250-RDC, l’engagement des jeunes ne peut rester au stade des convictions. Il doit pouvoir s’appuyer sur un cadre institutionnel capable de leur permettre de passer à l’action.
Elle rappelle à cet effet le poids démographique de cette génération, qui représente plus de 60 % de la population congolaise. Une réalité qui, selon elle, renforce la responsabilité des jeunes dans les processus de paix, de gouvernance et de cohésion sociale.
« Plus de 60 % de la population congolaise est jeune », a-t-elle rappelé.

Elle a souligné que la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que les engagements internationaux en faveur de la jeunesse reconnaissent cette place particulière.
Dans cette dynamique, les Ambassadeurs 2250 ne doivent pas être de simples bénéficiaires d’une formation. Ils sont appelés à devenir des acteurs capables de porter les valeurs de paix au sein de leurs communautés.
« Au-delà de vos titres, vous êtes les éducateurs et les émissaires de la Résolution 2250 sur les terrains », a-t-elle insisté.
De la mémoire à la prévention des violences

Son intervention a également accordé une place importante à la mémoire, particulièrement dans un contexte où la cérémonie se tenait au Mémorial GENOCOST, lieu dédié à la mémoire des victimes des crimes commis en RDC.
Pour Deborah Nyamugabo, il est impossible de construire une paix durable sans regarder l’histoire en face. Les violences ne peuvent être réduites à des chiffres ou à des statistiques : elles ont laissé derrière elles des vies brisées, des familles et des communautés profondément marquées.

« Parce qu’il n’y a pas de paix durable sans mémoire. Derrière les chiffres et les statistiques, il y a des vies brisées », a-t-elle souligné.
Connaître le passé doit ainsi permettre à la jeunesse de mieux comprendre le présent et, surtout, de refuser la reproduction des violences.
Cette approche établit, selon elle, un lien direct entre mémoire, prévention et protection, trois dimensions qui s’inscrivent pleinement dans l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité.
Des ambassadeurs appelés à porter le débat public
Outre la commémoration et de la sensibilisation, Deborah Nyamugabo a encouragé les jeunes certifiés à investir les espaces de débat public et à contribuer à l’élaboration de politiques répondant aux réalités de leur génération.
Les thématiques abordées durant leur formation entre autres gouvernance locale, justice transitionnelle, genre, mémoire, prévention des conflits ou encore les enjeux liés au processus de Washington, doivent désormais se traduire en initiatives et en propositions.
La certification constitue donc un point de départ.

« Votre certification n’est pas un aboutissement, c’est le début d’une responsabilité nationale », a-t-elle martelé.
Une responsabilité qui dépasse les frontières d’un programme de formation et qui doit désormais s’inscrire dans la durée, au sein des communautés et dans les espaces où se construisent les décisions publiques.
Le STN2250-RDC promet un accompagnement dans la durée

Dans cette nouvelle étape, les Ambassadeurs 2250 ne sont pas appelés à avancer seuls. Deborah Nyamugabo a assuré que le Secrétariat technique national de la Résolution 2250 entend rester à leurs côtés pour les accompagner dans la mise en œuvre de leur engagement.
« Les Secrétariats techniques nationaux de 2250 se tiennent à vos côtés pour vous accompagner techniquement et porter vos témoignages », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné l’attente placée dans cette jeunesse par les institutions en charge de la jeunesse et de l’éducation, appelées à faire de ce programme un véritable espace d’innovation et d’avancée dans la mise en œuvre de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité en RDC.
Au terme de son intervention, Deborah Nyamugabo a ainsi résumé la trajectoire attendue de cette première cohorte : transformer la mémoire en responsabilité, la responsabilité en engagement et l’engagement en unité nationale. Une manière de rappeler que, pour ces nouveaux Ambassadeurs 2250, le véritable travail commence désormais sur le terrain.
Lydia Mangala


