Une incertitude plane sur le secteur des transports en commun dans la capitale congolaise à l’approche des journées des 22 et 23 juin. Alors que la Synergie des associations des chauffeurs a annoncé un arrêt de travail de deux jours pour dénoncer les multiples difficultés auxquelles sont confrontés les conducteurs, d’autres organisations du secteur ont pris leurs distances avec cette initiative et appellent les chauffeurs à poursuivre normalement leurs activités.
À quelques jours de l’échéance, les usagers redoutent d’éventuelles perturbations sur plusieurs axes stratégiques de Kinshasa, où les transports en commun constituent le principal moyen de déplacement de millions de personnes.
Dans son appel à la cessation de travail, la Synergie des associations des chauffeurs invite ses membres à rester à la maison les lundi 22 et mardi 23 juin.
Les initiateurs du mouvement dénoncent notamment les tracasseries administratives, les pratiques assimilées à la corruption, la multiplication des barrières routières, les missions mixtes jugées abusives ainsi que les paiements illégaux imposés aux conducteurs.
Selon eux, les chauffeurs sont confrontés à une pression devenue insoutenable.
Ils affirment avoir déjà saisi à plusieurs reprises les autorités provinciales, notamment le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, à travers diverses correspondances, rapports et réunions de concertation.
« Nous avons transmis plusieurs propositions et participé à différentes rencontres, mais aucune solution concrète n’a été trouvée », soutiennent-ils, réclamant des mesures urgentes et durables.
L’ACCO se désolidarise du mouvement
Alors que l’annonce de cette grève s’est largement propagée sur les réseaux sociaux, l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO) a tenu à clarifier sa position.
Son président provincial, Bienvenue Kakule, a indiqué que son organisation n’était pas associée à cette initiative.
« Nous, au niveau de l’Association des chauffeurs du Congo (ACCO), ne sommes pas concernés par ce mouvement de grève qui circule sur les réseaux sociaux, car notre association est respectueuse de la loi. Nous sommes là pour défendre les intérêts des chauffeurs », a-t-il déclaré.
L’ACCO appelle ainsi ses membres à poursuivre normalement leurs activités et privilégie le dialogue comme mécanisme de résolution des différends avec les autorités.
Les examens d’État au cœur des préoccupations
La Mutuelle pour la Solidarité des Chauffeurs au Congo (MSCC-ASDT ASBL) a également appelé les conducteurs à ne pas interrompre le service public de transport.
Dans un communiqué, l’organisation rappelle que cette période coïncide avec le début des épreuves de l’Examen d’État à travers le pays.
Des milliers de finalistes devront se rendre dans leurs centres d’examen et dépendront largement des moyens de transport disponibles.
Pour la MSCC-ASDT, les chauffeurs jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement quotidien de la société.
« Ensemble, poursuivons notre mission au service de Kinshasa et de la Nation. Le professionnalisme nous oblige, l’humanisme nous guide et la responsabilité nous rassemble », conclut la mutuelle.
À ce stade, il demeure difficile d’évaluer l’ampleur réelle du mouvement annoncé. Si certaines structures de chauffeurs maintiennent leur appel à la grève, d’autres organisations influentes du secteur s’y opposent ouvertement et encouragent leurs membres à continuer de travailler.
L’impact sur la circulation et la mobilité des Kinois dépendra donc du niveau d’adhésion au mot d’ordre lancé par la Synergie des associations des chauffeurs.
En attendant, les usagers suivent avec attention l’évolution de la situation, dans l’espoir d’éviter une paralysie du transport public au début de la semaine prochaine, particulièrement à un moment crucial pour les candidats aux examens d’État et pour les activités économiques de la capitale.
Lydia Mangala


