Le Gouvernement congolais veut renforcer la lutte contre la fraude et l’exploitation minière illégale, tout en mettant fin à la présence illicite des hommes en uniforme dans les sites miniers. C’est dans ce contexte que le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a présidé mercredi 9 septembre à Kinshasa une réunion de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière (CNLFM).
Cette réunion fait suite aux instructions données par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, notamment sur le retrait des hommes en uniforme présents illégalement dans les sites miniers et le démantèlement des réseaux impliqués dans la fraude et l’exploitation minière illégale.

Les travaux ont réuni plusieurs secteurs directement concernés par la problématique minière. Le ministre d’État en charge de la Justice et le ministre des Mines ont participé à la réunion par visioconférence, tandis que le Vice-Premier ministre de la Défense nationale était représenté.
L’objectif était de traduire les orientations du Chef de l’État en mesures opérationnelles et coordonnées, avec une implication accrue des différents ministères concernés.

Parmi les principales décisions arrêtées figure la tenue prochaine d’une réunion ministérielle regroupant les ministres sectoriels concernés par la lutte contre la fraude minière.
La Commission nationale de lutte contre la fraude minière devra également préparer une itinérance des ministres sectoriels dans les provinces minières, sous l’autorité du VPM Jacquemain Shabani.
Cette démarche doit permettre aux autorités centrales d’évaluer directement la situation sur le terrain, d’identifier les difficultés d’application des mesures et de renforcer la coordination avec les structures provinciales.
La réunion a également retenu la nécessité de rendre effectives les dispositions permettant le fonctionnement du centre de négoce de Musompo, dans la province du Lualaba.
La mise en place effective de ce dispositif doit contribuer à mieux organiser le commerce des produits miniers et à renforcer la traçabilité des opérations dans un secteur particulièrement exposé aux pratiques frauduleuses.

Par ailleurs, une évaluation de la directive opérationnelle mise en œuvre par le ministère de la Défense nationale est attendue.
Cette évaluation doit permettre de mesurer le niveau d’exécution des mesures prises dans le cadre des instructions présidentielles et, le cas échéant, de renforcer le dispositif destiné à lutter contre la présence illicite des hommes en uniforme dans les sites miniers.
Le Gouvernement entend ainsi passer du constat à une action davantage coordonnée sur le terrain, avec pour objectif de sécuriser les zones minières, combattre les réseaux de fraude et renforcer la gouvernance du secteur minier congolais.
Lydia Mangala


