Dans le cadre d’Octobre Rose 2026, Angel Foundation, en partenariat avec le Groupe Angel, a organisé, jeudi 29 octobre, une rencontre d’échanges suivie d’un dîner de sensibilisation au Pullman Grand Hotel de Kinshasa. Cette initiative a réuni des professionnels de santé, des responsables d’organisations, des survivantes du cancer du sein et des représentants des institutions autour des enjeux de prévention, de dépistage précoce et d’accompagnement des femmes touchées par la maladie.
En ouverture, Béatrice Coly, directrice pays d’Angel Foundation et directrice de la communication du Groupe Angel, est revenue sur les actions menées depuis 2024 avec les Cliniques du Cœur pour faciliter l’accès au dépistage gratuit, particulièrement pour les femmes issues de milieux défavorisés. Ces campagnes, déployées dans plusieurs structures de Kinshasa, ont permis de sensibiliser chaque année entre 9 000 et 12 000 personnes.

« Ces chiffres représentent bien plus que des statistiques. Ils traduisent les efforts collectifs, les opportunités de prévention et surtout la nécessité de continuer à agir pour que davantage de femmes puissent accéder à l’information », a-t-elle souligné.
Dépistage précoce et accès aux soins au cœur des échanges
Les discussions ont notamment mis en lumière l’ampleur du cancer en République démocratique du Congo et les difficultés liées à sa prise en charge. Benjamin Penge, coordonnateur technique du Centre national de lutte contre le cancer (CNLC), a présenté les données de 2024, faisant état de 69 739 nouveaux cas de cancer et de 44 261 décès dans le pays. Pour le cancer du sein, 9 722 nouveaux cas et 4 606 décès ont été enregistrés.
Il a également relevé que près de 80 % des femmes atteintes arrivent à un stade avancé de la maladie, une situation qui complique les traitements et réduit les chances de guérison.

« Détecter tôt, le traitement est simple et la chance de guérison est élevée », a-t-il rappelé, insistant sur l’importance du diagnostic précoce.

De son côté, Trésor Mpoyi Baruani, médecin directeur des Cliniques du Cœur, a évoqué les croyances et le manque d’information qui freinent encore le recours au dépistage. Il a notamment rappelé que l’absence de douleur ne signifie pas l’absence de maladie et que certaines formes précoces du cancer du sein peuvent évoluer sans symptômes douloureux.
L’oncologue Arsène Tshivwadi, du Centre Médical de Kinshasa, a pour sa part insisté sur la nécessité de connaître son corps, de reconnaître les signes inhabituels et de consulter rapidement un professionnel de santé. Il a également appelé à combattre les interprétations mystiques de la maladie.
« Le cancer, c’est la maladie de la cellule. Ce n’est pas la sorcellerie, ce n’est pas un sort », a-t-il précisé.
Des témoignages pour rappeler l’urgence d’agir
Au-delà des données médicales, plusieurs témoignages ont rappelé les conséquences humaines, familiales et financières du cancer.
Sharufa Amisi, Présidente de la Fondation Bomoko, a partagé les raisons de son engagement, né notamment de pertes familiales liées à la maladie. Elle a appelé à une mobilisation qui ne se limite pas aux personnes directement touchées.

« N’attendez pas que le cancer frappe à vos portes avant de pouvoir vous sentir concernés. Nous sommes tous concernés d’une manière ou d’une autre, et nous avons tous un rôle à jouer », a-t-elle déclaré.

Carine Nanikian, présidente de l’ONG Espoir Pour Elles et survivante du cancer du sein, a quant à elle témoigné des difficultés rencontrées durant son parcours de soins, notamment en raison du manque de ressources financières.
« Ce n’est pas la maladie qui m’a fait pleurer, mais c’était le manque de ressources », a-t-elle confié.
Elle a insisté sur l’importance du dépistage et de l’accompagnement des femmes malades.

Sur le volet psychologique, Stella Wankamba, psychologue et directrice générale de Kulela, a invité les proches à faire preuve d’écoute et à éviter les jugements face aux émotions des personnes malades.
« Parfois, vous n’avez pas besoin de parler. Vous avez juste besoin d’être là et d’écouter », a-t-elle conseillé.

Stéphie Luaula, sage-femme et directrice générale de Mwana Mboka, a également rappelé l’importance de la prévention et de la connaissance de son corps, notamment à travers l’autopalpation, tout en soulignant qu’elle ne remplace pas un examen médical.
Angel Foundation mise sur la solidarité pour prolonger son engagement
Prenant également la parole, Aldarich Luboya Freemann, directeur de cabinet de la ministre d’État en charge des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, a rappelé les besoins auxquels sont confrontées les populations vulnérables en RDC. Il a notamment évoqué les actions de solidarité soutenues par son ministère et la contribution d’Angel Foundation à la rénovation de la maternité du camp Kokolo, à hauteur de 100 000 dollars américains, ainsi que des dons en nature évalués à plus de 35 000 dollars.
Dans son intervention, il a appelé à une solidarité qui se traduise par des actions concrètes.
« Je voudrais vous demander de ne jamais laisser personne de côté », a-t-il insisté.

En clôture de la rencontre, Béatrice Coly a annoncé un appui financier d’Angel Foundation à la Fondation Bomoko et à l’ONG Espoir Pour Elles pour soutenir leurs activités durant l’année 2027 afin d’accompagner les organisations engagées sur le terrain et à inscrire la mobilisation au-delà du mois d’octobre.

« La lutte contre le cancer du sein ne peut être que l’affaire d’une seule institution, d’un seul partenaire. Elle exige une mobilisation continue, une meilleure circulation de l’information, un accès renforcé au dépistage et à la prise en charge », a-t-elle conclu.
À travers ses actions de sensibilisation, son partenariat avec les Cliniques du Cœur et ce nouvel appui annoncé à deux organisations, Angel Foundation porte ainsi l’ambition de contribuer à renforcer la prévention et la solidarité autour de la lutte contre le cancer du sein en RDC.
Lydia Mangala


