Face à la recrudescence des injures, des discours de haine et des violences verbales sur les réseaux sociaux, le Gouvernement de la République démocratique du Congo entend renforcer sa réponse en s’appuyant également sur les organisations de la société civile. Reçu mercredi 8 juillet dernier à Kinshasa par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) a exprimé sa volonté d’accompagner les pouvoirs publics dans la prévention des dérives numériques, la promotion d’un usage responsable des plateformes digitales et la protection de l’État de droit.
Conduite par sa directrice exécutive, Grâce Lula Hamba, la délégation du CAFCO est venue présenter les conclusions d’un plaidoyer engagé depuis le mois d’avril auprès du ministère de la Justice afin d’attirer l’attention des autorités sur la multiplication des attaques, injures et insultes visant les responsables des institutions publiques sur les réseaux sociaux.

À l’issue de l’audience, Grâce Lula Hamba a expliqué que cette démarche s’inscrivait dans la continuité des échanges déjà amorcés avec le ministère.
« Nous sommes dans une dynamique de plaidoyer que nous avons entamée depuis le mois d’avril afin de demander au ministre de voir dans quelle mesure la question des attaques, des injures et des insultes adressées aux autorités et aux animateurs des institutions publiques sur les réseaux sociaux peut être davantage prise en charge », a-t-elle déclaré.
Les discussions ont également porté sur les actions déjà entreprises par le ministère de la Justice ainsi que sur les perspectives de collaboration entre les pouvoirs publics et cette plateforme qui rassemble des organisations féminines de la société civile et des femmes engagées dans la vie politique.
Au cours de la rencontre, le CAFCO a réaffirmé sa disponibilité à soutenir les efforts du Gouvernement à travers des campagnes communautaires de sensibilisation destinées à promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux.
Pour la plateforme, la lutte contre les discours de haine ne peut se limiter aux seules poursuites judiciaires. Elle passe également par l’éducation citoyenne, la prévention et la responsabilisation des utilisateurs des espaces numériques.
L’organisation estime qu’un travail de proximité auprès des communautés permettra de réduire les comportements injurieux en ligne, de renforcer le respect des institutions de la République et de favoriser un climat de dialogue dans l’espace numérique.
Le CAFCO a par ailleurs insisté sur la nécessité de mettre fin à l’impunité des auteurs d’infractions commises sur les réseaux sociaux, considérant que le respect des personnes, des institutions et des lois demeure un pilier essentiel de la cohésion nationale et de l’État de droit.

De son côté, le ministre d’État Guillaume Ngefa Atondoko Andali s’est félicité de l’engagement du CAFCO à accompagner les actions du Gouvernement dans ce domaine.
Dans un message publié sur son compte X à l’issue de la rencontre, il a réaffirmé la détermination des autorités à lutter contre les discours de haine, les injures et les infractions commises dans l’espace numérique.
Le ministre a souligné que la protection des institutions de la République, le respect des valeurs républicaines et la préservation de la cohésion nationale demeurent au cœur de cette démarche.
Il a assuré que la Justice poursuivra son action avec fermeté et responsabilité afin que les réseaux sociaux restent un espace d’expression citoyenne respectueux des lois, et non un terrain propice à la violence verbale, aux attaques personnelles ou à la propagation de discours susceptibles de fragiliser le vivre-ensemble.
Le Gouvernement entend poursuivre l’assainissement du cyberespace congolais tout en garantissant un équilibre entre la liberté d’expression et le respect des droits d’autrui.
En associant les actions de sensibilisation du CAFCO aux initiatives portées par le ministère de la Justice, les deux parties ambitionnent de promouvoir une citoyenneté numérique responsable, prévenir les discours de haine et consolider les valeurs démocratiques.
L’objectif reste de renforcer l’État de droit, préserver les institutions de la République et promouvoir une culture de responsabilité dans l’espace numérique, dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place grandissante dans le débat public.
Lydia Mangala


